Côte d’Ivoire Politique

RHDP-Parti Unifié sans Bédié, prémices de la fin d’une idylle, recomposition du tableau de l’opposition

Mis à jour le 11 juillet 2018
Publié le 11/07/2018 à 4:31 , ,
Après la formation du nouveau gouvernement composé des partis favorables au RHDP et surtout des cadres du PDCI pro parti unifié, les positions sont claires. Le Chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, fera désormais avec ou sans l’accord Bédié, son allié de longue date. Pire, l’annonce imminente du lancement officiel du parti unifié, fait craindre la fin de la romance politique, entre les deux hommes.  
 

Le RHDP a désormais un visage. La composition du nouveau gouvernement en est la preuve. Et pourtant rien ne devait étonner puisque le ton avait été donné quelques semaines plutôt. Le Président Alassane Ouattara, président d’honneur du Rassemblement des Républicains (RDR), avait annoncé lors du dernier congrès du parti le 5 mai dernier, que « tous les partis politiques qui ne ratifieraient pas l’accord sur le parti unifié, ne participeraient pas au nouveau gouvernement ».

Une menace mise à exécution ce mardi, avec la formation du nouveau gouvernement dans lequel figurent les partis membres du RHDP et des membres de la société civile. Mais Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, et principal allié du pouvoir ne semble pas avoir été consulté pour la constitution de cette nouvelle équipe gouvernementale.

Le communiqué du  bureau politique du RDR à la veille de la formation du gouvernement demande clairement à Alassane Ouattara d’accepter d’être le président du RHDP. Selon des indiscrétions, à cette rencontre à huis clos, l’idée de lancer  le parti unifié a été émise. Diverses sources l’annonce pour  ce jeudi dans un hôtel à Cocody.

Selon le juriste écrivain, Geoffroy Kouao Julien, seule une déclaration officielle du PDCI après la nomination de certains de ses membres, pourrait situer l’opinion politique sur le RHDP.

« Le PDCI n’a pas encore dit si les personnes issues de son rang et nommés dans le nouveau gouvernement, ont été désignés par les instances du parti ou non. Ils sont 12 membres dans cette équipe d’Amadou Gon Coulibaly, et bien qu’ils aient pour la plupart exprimé leur désaccord quant aux résolutions du bureau politique, rien ne dit qu’ils n’ont pas reçu la caution de leur chef. Partant, l’annonce du parti unifié peut ne pas consacrer le divorce entre Bédié et Ouattara car l’autorisation peut ne pas avoir été donnée de manière express, mais plutôt de façon tacite. Il faut donc attendre la réaction du parti avant de juger de l’implosion ou non au sein du RHDP » a argumenté l’universitaire.

Plusieurs médias locaux affirment pourtant que le sphinx de Daoukro aurait refusé de participer à la formation de ce gouvernement RHDP, malgré les nombreuses médiations entreprises par le pouvoir. Et pourtant, certains membres de la nouvelle équipe d’Amadou Gon Coulibaly, sont cadres du PDCI. Ce sont principalement, les initiateurs du nouveau courant « Sur les traces d’Houphouët Boigny », dirigé par Kobenan Kouakou Adjoumani et non reconnu par le président Bédié. Une situation qui fait émerger un véritable malaise au sein du vieux parti et bientôt entre les alliés d’hier, si le parti unifié est décrété. Et le docteur Blé Késsé, enseignant des sciences politiques à l’Université Péléforo Gon de Korhogo, est sans équivoque. Ce gouvernement marque la rupture entre Bédié et Ouattara.

« Je pense que nous assistons clairement à un divorce entre les deux alliés. Vous êtes sans ignorer que Kandia Camara et Henriette Dagri Diabaté se sont rendues à Daoukro sur demande du Président de la République pour rencontrer le président Bédié, en vue de la composition du nouveau gouvernement. Il y a eu plusieurs tractations et négociations pendant près d’une semaine avant le verdict d’hier. Et on sait très bien que les ministres du PDCI qui y figurent ont été désavoués par le président Bédié, après la création de leur courant. Ainsi donc, si le parti unifié est proclamé dès demain, l’implosion au RHDP, serait mise au grand jour » a réagi l’enseignant avant d’indiquer que cette situation aura des conséquences notables sur la vie politique en Côte d’Ivoire.

« Je crains que nous n’assistions à la configuration de 2000 où nous avons vu tous les partis de l’opposition s’unir contre le parti au pouvoir. Car il faut aussi noter que le RDR a pris parti, dans les crises internes au sein des formations politiques membres du RHDP. Cela pourrait peser lourd dans la course pour 2020 » a-t-il poursuivi.

L’arène politique ivoirienne s’annonce donc bouillante d’ici à 2020.

Éric Coulibaly

Soure: Poleafrique.info

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