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Haïti, la fin de la crise après la démission du Premier ministre Ariel Henry ?

Mis à jour le 13 mars 2024
Publié le 12/03/2024 à 2:54 , , , ,
Police officers patrol a neighborhood amid gang-related violence in downtown Port-au-Prince on April 25, 2023. Between April 14 and 19, clashes between rival gangs left nearly 70 people dead, including 18 women and at least two children, according to a United Nations statement released April 24. (Photo by RICHARD PIERRIN / AFP)

Sous la pression des gangs en Haïti, le Premier ministre Ariel Henry a démissionné le lundi 11 mars 2024. Il était le septième chef de gouvernement à être nommé en quatre ans par l’ex-président Jovenel Moïse, assassiné en juillet 2021.

Il cède ainsi à la pression des partenaires régionaux du pays le plus pauvres des Amériques, plongé dans l’anarchie par les bandes criminelles.

Le départ du chef du gouvernement, réclamé par les gangs et une partie de la population, a été annoncé lors d’une réunion d’urgence des membres de la Communauté des Caraïbes (Caricom) et de représentants de l’ONU en Jamaïque où le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a promis une aide de 133 millions de dollars supplémentaires des Etats-Unis.

« Le gouvernement que je dirige ne peut rester insensible à cette situation. Comme je l’ai toujours dit, aucun sacrifice n’est trop grand pour notre patrie, Haïti », a déclaré Ariel Henry.

Ancien ministre et chargé de divers portefeuilles dans des cabinets successifs depuis 2005, il est largement perçu par la population comme un homme corrompu qui exerce son pouvoir grâce à un soutien international contre la volonté du peuple haïtien.

Haïti n’a pas connu d’élections depuis 2016, lorsque Jovenel Moïse fut élu avec 55,6 % des voix pour un taux de participation de 18,11 %, en baisse constante depuis 2000.

L’Assemblée nationale haïtienne est quant à elle vide depuis janvier 2023, lorsque les mandats des élus sont arrivés à expiration faute de la tenue de nouvelles élections.

Fin février, Ariel Henry promettait d’organiser des élections sur l’île d’ici le 31 août 2025.

« Il est le bienvenu s’il veut rester à Porto Rico », a déclaré lundi un responsable américain.

La capitale haïtienne Port-au-Prince est depuis plus d’une semaine le théâtre d’affrontements entre policiers et bandes armées, qui s’en sont pris à des sites stratégiques comme le palais présidentiel, des commissariats et des prisons, profitant de l’absence du Premier ministre.

Dernier signe en date de la crise sécuritaire : l’évacuation lundi de l’ensemble du personnel de l’Union européenne présent en Haïti.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les Américains avaient évacué par hélicoptère une partie de leur personnel diplomatique non essentiel.

Les autorités haïtiennes ont décrété il y a une semaine l’état d’urgence, assorti d’un couvre-feu nocturne, dans le département de l’Ouest, qui comprend la capitale, mais elles ne contrôlent pas entièrement ce territoire.

Tristan Sahi

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