La 35ᵉ édition de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre est en cours depuis le mardi 25 novembre 2025, à Abidjan. À cette occasion, Jean-François Basse, représentant du Système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, a appelé à une mobilisation collective contre le mal.
L’événement marque le lancement d’une campagne mondiale contre les violences faites aux femmes.
Le représentant onusien a rappelé que 1 femme sur 3 dans le monde subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie.
Le Secrétaire général de l’ONU qualifie d’ailleurs ces violences de « pandémie de l’ombre », tant elles demeurent répandues, destructrices et parfois invisibles.
Cette année, dans un contexte où l’humanité commémore les 30 ans de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, les Nations Unies mettent un accent sur la montée inquiétante des violences numériques, une extension redoutable des violences hors ligne.
Des chiffres alarmants en Côte d’Ivoire
Selon les données officielles du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, la Côte d’Ivoire a enregistré 9 607 cas de VBG en 2024 pris en charge.
Ce sont 920 viols, 2 030 agressions physiques et 153 mariages forcés. Pour Jean-François Basse, ces chiffres sont plus que des données statistiques.
« Ce sont des vies bouleversées, des rêves brisés, et souvent un silence imposé », se désole-t-il.
Il a également interpellé sur la persistance des violences domestiques et conjugales, encore largement sous-déclarées.
Plus inquiétant encore, certaines femmes leaders admettent renoncer à la prise de parole publique, voire à des ambitions politiques, en raison des attaques numériques.
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« Cela est inacceptable », a-t-il dénoncé.
Féminicides et violences numériques : un thème crucial
Le thème national de cette année est « Tous unis contre les féminicides et les violences numériques : prévenir, protéger, dénoncer ». Il reflète l’urgence de la situation.
Les formes de violences numériques prises pour cible incluent le cyberharcèlement, la diffusion non consentie de contenus intimes.
Elles comprennent aussi les hypertrucages (deepfakes) à caractère sexuel, les menaces en ligne, les abus liés aux images.
Même si ces violences sont parfois invisibles, elles provoquent des conséquences graves.
Ce sont entre autres l’isolement social, les traumatismes psychologiques, l’autocensure, le retrait de l’espace public.
Mais aussi le frein à la participation citoyenne des femmes et des filles.
Une mobilisation collective indispensable
Pour le Système des Nations Unies, la lutte contre les violences basées sur le genre doit s’appuyer sur une action coordonnée.
Celle-ci doit impliquer les familles, les communautés, les autorités locales, les gouvernements, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux.
Tristan Sahi















