Politique

Gbagbo-Don Melo, un long compagnonnage parsemé de frictions

Mis à jour le 17 mai 2026
Publié le 17/05/2026 à 2:07 , , ,

Suspendu jusque-là de son poste de vice-président du Parti des peuples africains (PPA-CI) en charge de la promotion du panafricanisme, Ahoua Don Mello, a été finalement radié de cette formation politique, réuni en congrès ce jeudi 14 mai 2026.

 

Cette décision de la direction du parti fondé en 2021, par Laurent Gbagbo, apparait comme un chapitre de plus du long compagnonnage politique et tumultueux entre Ahoua Don Melo et l’ancien chef de l’Etat.

Les deux hommes ne sont pas à leurs premières frictions.

Ahoua Don Melo a connu Laurent Gbagbo, alors opposant exilé, durant ses études universitaires en France.

Ce dernier l’enrôle au Front populaire ivoirien (FPI), le premier parti qu’il fonde.

Ahoua Don Melo devient respectivement membre du secrétariat du FPI section France entre 1983 et 1985, membre de la section FPI de Bouaké entre 1985 et 1988, secrétaire du FPI chargé de l’organisation au sein du secrétariat général de 1988 à 1990, puis président du comité de contrôle dudit parti de 1990 à 1996.

Les premières frictions remontent à 1996, au congrès du FPI, au cours duquel le poste de président du parti est créé.

Ahoua Don Melo est à cette époque président du comité de contrôle, l’organe interne qui veille au fonctionnement du parti conformément aux textes.

Un véritable contre-pouvoir dont les décisions exécutoires s’imposaient à tous, même au leader.

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Au terme de ce congrès, Laurent Gbagbo, jusque-là secrétaire général du FPI, devient président avec d’importants pouvoirs au-dessus du comité de contrôle. Ce que conteste Don Melo.

Mis en minorité lors d’un vote à ce congrès, il prend ses distances et crée un an plus tard au sein du parti, le courant “FPI renaissance’’.

Mais en 2000, Ahoua Don Melo fait son retour au FPI pour être le conseiller du président du parti.

Un poste qu’il occupera jusqu’en 2014.

Après l’élection présidentielle de 2010, il est nommé ministre de l’Equipement et de l’Assainissement et porte-parole du gouvernement sous le Premier ministre Gilbert Aké N’Gbo.

Ce nouvel épisode sonne-t-il la fin définitive de leur compagnonnage ? Les revirements et autres rapprochements improbables dans la politique ivoirienne inclinent à soutenir le contraire.

Serge Alain Koffi   

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