Faustin-Archange Touadéra commence officiellement son troisième mandat ce lundi 30 mars 2026 à Bangui. Il est le vainqueur de la présidentielle du 28 décembre 2025.
La cérémonie d’investiture marque le début de sept nouvelles années à la tête du pays.
L’événement intervient après la validation de sa victoire par le Conseil constitutionnel avec 77,9 % des voix.
Anicet-Georges Dologuélé, son principal adversaire, lui, conteste les résultats
Une capitale transformée pour l’occasion
Pour accueillir l’investiture, Bangui a été métamorphosée. Les autorités ont mis en avant des feux tricolores fonctionnels pour la première fois depuis 15 ans.
Elles rafraîchissent aussi la place Omar-Bongo, avec la statue de la colombe restaurée.
Il y a également des travaux d’urgence au complexe sportif Barthélemy-Boganda, surnommé « Stade 20 000 places ».
Ces préparatifs visent à donner une image de renaissance de la capitale.
Une investiture sous le signe de la cérémonie
La journée de prière et de serment s’annonce symbolique. Elle célèbre aussi la VIIᵉ République, instaurée par la nouvelle Constitution de 2023.
Plusieurs dirigeants régionaux sont attendus, notamment des chefs d’État de la CEMAC et le président de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye du Burundi.
Le ministre de la Communication, Maxime Balalou, parle d’un « moment sublime de communion ».
Le porte-parole de campagne du président évoque pour sa part un « acte politique fort, historique et de souveraineté ».
Déjà des critiques et un culte de la personnalité
Depuis le 28 mars, une statue de Touadéra trône sur un rond-point de la capitale.
Cette initiative suscite des réactions, notamment de l’opposant Crépin Mboli-Goumba.
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« Jamais depuis l’empire Bokassa on était allé aussi loin dans le culte de la personnalité. Tout cela se fait sans le peuple, en dehors d’une faction intéressée », critique-t-il.
Des défis majeurs à relever
Dès son troisième mandat, le président devra affronter plusieurs priorités. Premièrement, nommer un vice-président.
Deuxièmement, éventuellement remanier le gouvernement après le second tour des législatives fin avril.
Il devra aussi lutter contre la pauvreté, alors que les ONG réduisent leur présence. Et enfin, assurer la sécurité, malgré le retrait progressif de la mission de l’ONU dans le pays.
Le pays attend donc de Touadéra qu’il réponde aux enjeux politiques, sociaux et sécuritaires, tout en consolidant son pouvoir.
Eirena Etté















