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Sommet UA–UE à Luanda, une première journée sous haute tension diplomatique

Mis à jour le 25 novembre 2025
Publié le 25/11/2025 à 2:30 , , , , , , , ,

Le sommet UA-UE (Union africaine – Union européenne) a débuté lundi 24 novembre 2025 à Luanda. Pendant deux jours, la capitale angolaise accueille les dirigeants des deux continents pour tenter de redonner de l’élan à une relation stratégique malmenée. 

 

Au programme du sommet UA-UE : commerce, minerais, sécurité, migration… Et surtout, la volonté affichée de bâtir un partenariat plus équilibré.

Une ouverture solennelle, mais sans illusions

La journée a commencé par la cérémonie d’ouverture.

Les discours ont rappelé les 25 années de partenariat entre l’Afrique et l’Europe, depuis la première rencontre du Caire en 2000.

Chacun a insisté sur la nécessité de moderniser cette relation, de la rendre plus inclusive, plus forte et moins déséquilibrée.

Mais dans les couloirs, les attentes sont prudentes. Les dossiers sensibles s’accumulent et les visions divergent parfois profondément.

Des échanges à huis clos, loin des caméras

Après les déclarations officielles, les chefs d’État et de gouvernement se sont enfermés pour une longue session à huis clos.

Les discussions ont porté sur quatre dossiers majeurs : la paix, la sécurité, la gouvernance et le multilatéralisme.

Les crises du moment ont évidemment occupé l’essentiel du temps.

Notamment la guerre en Ukraine, les violences persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo, la crise soudanaise et l’instabilité au Sahel.

Ces sujets divisent, mais ils obligent les deux continents à parler franc, surtout dans un contexte géopolitique brouillé.

Des départs rapides, une soirée sans déclaration

La première journée s’est achevée sans communiqué final.

Les chefs d’État se sont dirigés vers les grands hôtels de Luanda pour le dîner officiel. Certains ont quitté l’Angola dès ce soir, comme Emmanuel Macron ou Félix Tshisekedi.

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Le bilan politique, lui, est attendu pour aujourd’hui, mardi 25 novembre, en fin de journée.

L’Europe sous pression pour repenser sa stratégie africaine

À Bruxelles, le débat sur la relation UA–UE s’intensifie.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que le destin économique de l’Europe est étroitement lié à celui de l’Afrique.

Mais les critiques montent sur la logique transactionnelle des Vingt-Sept, notamment sur la question migratoire ou sécuritaire.

Une résolution adoptée au Parlement européen demande une refonte en profondeur de la stratégie européenne :

Premièrement, développer les chaînes de valeur sur le continent ; deuxièmement, investir dans la transformation locale ;

Troisièmement, soutenir les infrastructures énergétiques ; quatrièmement, faciliter l’accès au financement ; cinquièmement, ouvrir davantage les marchés européens aux produits transformés en Afrique.

Selon plusieurs eurodéputés, l’Afrique ne doit plus être perçue comme un simple fournisseur de matières premières, mais comme un partenaire industriel à part entière.

Demain, un test pour la suite

La deuxième journée devra apporter des réponses concrètes, au moins des signaux politiques. Les attentes sont fortes, les divergences nombreuses et les regards tournés vers Luanda.

Le défi est clair : transformer un partenariat souvent inégal en un véritable projet commun.

Eirena Etté

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