La Côte d’Ivoire veut lier finance et écologie. Le pays a lancé dans ce sens, le mardi 2 juillet 2025, un cadre de financement inédit appelé Sustainability-Linked Financing (SLF), développé avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale.
L’objectif est de mobiliser des fonds pour son développement, tout en s’engageant concrètement pour la planète.
Un prêt plus ou moins cher selon les efforts écologiques
Concrètement, ce nouveau mécanisme associe le coût des emprunts d’État à des objectifs environnementaux précis.
Si la Côte d’Ivoire tient ses promesses vertes, elle paiera moins d’intérêts. Dans le cas contraire, la facture sera plus salée.
C’est ce qu’on appelle un financement lié à la durabilité : un prêt dont le taux varie selon les performances. Une première en Afrique de l’Ouest.
Énergies renouvelables, forêts : deux priorités affichées
Le pays s’engage à faire passer la part des énergies renouvelables (hors barrages) de 1 % aujourd’hui à au moins 11 % en 2030.
Ce qui sous-entend plus de solaire, plus d’éolien… et plus d’emplois.
Côté forêts, la Côte d’Ivoire promet de limiter la déforestation à 300 000 hectares d’ici 2030, et de reboiser un million d’hectares.
Des efforts pour reverdir le pays, mais aussi pour renforcer sa résistance aux effets du climat.
Une gestion transparente, des objectifs mesurables
Contrairement aux « obligations vertes », ce type de financement n’est pas lié à un projet en particulier.
Ce sont les résultats globaux qui comptent.
Le ministère des Finances devra publier chaque année des rapports sur les avancées, avec des outils technologiques comme la télédétection.
Et pour éviter toute promesse vague, le cadre repose sur la méthode dite FAB (Faisabilité et Ambition), développée par la Banque mondiale.
Une opération inédite sur le continent
La Côte d’Ivoire prévoit de lever un premier emprunt auprès de prêteurs commerciaux, appuyé par deux grandes institutions du Groupe Banque mondiale : la BIRD et la MIGA.
Ces structures apporteront des garanties pour rassurer les investisseurs.
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Ce type de garantie (on dit « de première perte / deuxième perte ») permet à l’État de réduire le risque pour ses créanciers, et donc d’obtenir un financement moins cher.
Un appui international fort
Ce projet a été rendu possible grâce à l’assistance technique du Programme conjoint des marchés de capitaux (JCAP), soutenu par plusieurs pays partenaires, dont l’Allemagne, la Suisse, la Norvège, le Japon et les Pays-Bas.
« La Côte d’Ivoire devient un exemple pour l’Afrique en matière de finance durable », a déclaré Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de la Banque mondiale pour la sous-région.
Pour elle, ce cadre marque une étape clé vers un développement plus juste et plus vert.
Eirena Etté















