Côte d’Ivoire

Droit à l’avortement, un plaidoyer pour une liberté de choix des femmes

Mis à jour le 28 septembre 2023
Publié le 28/09/2023 à 6:30 , , ,

Faire de notre société un endroit où la femme prend des décisions éclairées sur sa santé et son corps, sans crainte ni discrimination, tel est le plaidoyer de la société civile ivoirienne qui commémore tous les 28 septembre, la Journée internationale du Droit à l’avortement.

L’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI) et ses partenaires saisissent l’occasion de cette journée pour réaffirmer leur engagement en faveur du droit des femmes à l’autonomie corporelle, à la santé reproductive et au choix en matière de procréation.

L’AFJCI, tout comme la société de Gynécologie et Obstétrique de Côte d’Ivoire (SOGOCI), la Coalition « Action contre les Grossesses non Désirées et à Risques » (AGnDR) plaident pour la domestication de l’ensemble des points du Protocole de Maputo.

« La Cote d’Ivoire s’est engagée à protéger et à promouvoir les droits des Femmes en matière de santé reproductive, y compris le droit à l’avortement sécurisé. Cet engagement est en ligne avec les principes des droits de l’Homme et de l’égalité des sexes », rappelle cette structure.

« Nous demandons que le protocole de Maputo soit appliqué en intégrant d’autre cas d’exception qui seraient des cas où la santé physique et mentale de la mère serait menacée, en cas de malformation fœtale et en cas d’inceste », plaide Agathe Blanc, la chargée de programme à l’AFJCI.

Les interruptions volontaires de grossesse (IVG) réalisées en dehors du circuit formel sont à l’origine de 18 % des décès maternels en Côte d’Ivoire, selon « PMA 2020 », une enquête menée en 2018 par les autorités ivoiriennes en association avec des fondations et des universités internationales. D’après cette étude, environ 230 000 avortements étaient alors réalisés dans le pays chaque année. Lié aux grossesses non désirées en milieu scolaire et à une résistance à la contraception, ce chiffre a, selon les associations concernées, considérablement augmenté depuis, notamment à l’hôpital.

La société civile ivoirienne appelle donc à une action concertée pour faire respecter les droits des femmes en veillant à ce que les lois et les politiques protègent leur liberté de choix et leur dignité. Mais aussi améliorer les soins après avortement dans la prévention des décès maternels.

L’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire invite le gouvernement à faire respecter les droits des femmes en veillant à ce que les lois et les politiques protègent leur liberté de choix et leur dignité.

Cela passe par l’élargissement de l’accès à des services de santé reproductive sûrs afin de prévenir les risques pour la santé des femmes, à l’Éduquer la société sur les réalités de l’avortement pour lutter contre la stigmatisation et la désinformation. Enfin de soutenir les femmes dans leur parcours de soins d’avortement, en garantissant un accès non discriminatoire.

Pour la société civile, l’heure n’est pas encore à la l’égalisation de l’avortement ou l’avortement à la demande.

Tristan Sahi

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