À la COP 30, la Côte d’Ivoire a dévoilé l’un de ses projets les plus ambitieux en matière d’environnement. Elle entend restaurer 155 000 hectares de forêts d’ici 2029, annonce Jean-Yves Kpalou, conseiller technique du ministre des Eaux et Forêts.
Ses propos éclairent la stratégie forestière ivoirienne, alors que le pays multiplie les initiatives climatiques présentées depuis l’ouverture du sommet de Belém.
Un programme financé à hauteur de 150 millions d’euros
Le Programme de restauration durable des forêts de Côte d’Ivoire (Prdf-CI) couvre la période 2024-2029.
Son financement, obtenu lors de la COP 29 à Bakou, repose sur un prêt de 150 millions d’euros, soit 98 milliards FCFA.
Pour Jean-Yves Kpalou, ce programme arrive au moment le plus critique. Le couvert forestier national, qui atteignait 16 millions d’hectares en 1960, est tombé à 2,97 millions en 2021.
À ce rythme, les derniers blocs pourraient disparaître d’ici 2030.
Anguédédou, priorité absolue
Parmi les zones ciblées, la forêt classée d’Anguédédou occupe une place stratégique.
Elle subit une forte pression humaine alors qu’elle protège une partie essentielle de la nappe phréatique utilisée par Yopougon.
Le gouvernement a donc recentré ses limites D’abord, 6 500 hectares seront sécurisés. Ensuite, une clôture de 60 km sera construite, sur le modèle du parc national du Banco.
Enfin, le site doit devenir un espace écotouristique et animalier, avec des reboisements et la réintroduction d’espèces menacées.
Les études démarreront au premier trimestre 2026, les travaux au second semestre 2026.
Un déploiement national
Le Prdf-CI couvrira 19 forêts classées du Centre et du Nord.
L’objectif total est de restaurer 155 000 hectares de forêt via des reboisements intensifs, agroforestiers et bois-énergie.
Selon les estimations présentées à Belém, ces actions permettront de réduire 2,5 millions de tonnes équivalent CO₂ d’émissions.
Jean-Yves Kpalou insiste a fait savoir que la coordination se fera avec les projets déjà en cours, notamment ceux que finance la Banque mondiale.
Vers un modèle économique durable
Le programme ne repose pas seulement sur l’écologie.
La Côte d’Ivoire veut créer une nouvelle économie forestière grâce aux crédits carbone, qui pourront générer des revenus et contribuer au remboursement du prêt contracté auprès de la BEI.
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« Le reboisement devient attractif. L’essentiel est de structurer des projets capables de produire des retours sur investissement », explique Kpalou.
Les communautés au cœur du processus
Le Prdf-CI prévoit l’implication directe des populations. Il s’agit en premièrement ce celles à partir des comités locaux de gestion participative.
Secundo, de celle à partir des mécanismes de plaintes, troisièmement, plan d’engagement des parties prenantes
Et quatrièmement, avec un appui aux moyens de subsistance pour éviter la pression sur les forêts.
L’approche se veut inclusive afin d’assurer une restauration durable et acceptée par tous.
Une COP 30 marquée par de grandes annonces ivoiriennes
Cette annonce intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire multiplie les engagements à Belém.
Le pays a déjà présenté sa stratégie nationale pour les pertes et dommages, évaluée à 198,57 milliards FCFA.
La Côte d’Ivoire a aussi présenté le Vigiclimm, un projet de modernisation météorologique estimé à 20 milliards FCFA.
Avec le Prdf-CI, le gouvernement veut désormais faire de la restauration forestière un pilier central de sa politique climatique.
Eirena Etté















