Société

Tabaski, les origines du grand sacrifice

Mis à jour le 5 juin 2025
Publié le 06/06/2025 à 6:00

Le vendredi 6 juin 2025, les fidèles musulmans de Côte d’Ivoire célèbrent la fête de la Tabaski. L’annonce de la date a été faite par le COSIM et le CODIS, deux grandes organisations religieuses du pays. 

C’est l’une des plus grande fête de l’islam. Celle qui rappelle le courage d’un père, la soumission d’un fils… et la grandeur de Dieu.

Tout commence par un ordre divin. Celui de Dieu au patriarche Ibrahim – Abraham dans la tradition chrétienne – de sacrifier son fils. 

Un choc. Mais il obéit avec une foi pure, sans condition.

Les deux prennent la route. 

Sur le chemin du lieu de sacrifice alors qu’il est en compagnie de son fils et de l’esprit de Dieu, un vieillard surgit. 

Ce dernier tente de les dissuader de poursuivre le chemin et le projet.

C’était le diable, déguisé. Mais Ibrahim le chasse à coups de pierres et résiste à la tentation de désobéir. 

Arrivés au lieu du sacrifice, Ibrahim couche son fils, l’arme en main. 

Mais au moment de trancher la gorge, Dieu intervient. Il remplace Ismaël par un bélier. 

Épreuve réussie. Foi confirmée. L’enfant est sauf.

D’un souvenir à un rite éternel

Depuis ce jour, les musulmans commémorent cet acte d’obéissance totale. 

Ce n’est pas une histoire. C’est une mémoire. Une leçon de foi transmise de génération en génération. 

Et..le dixième jour du mois de Zoul-Hidja, le dernier du calendrier musulman, marque l’apogée du pèlerinage à La Mecque. 

Les fidèles y reproduisent les gestes d’Ibrahim. À savoir la lapidation du diable, le sacrifice du bélier, la circumambulation autour de la Kaaba, et la course entre les deux collines, Safa et Marwa.

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En Côte d’Ivoire même loin de La Mecque, la commercialisation de cette foi, aujourd’hui la Tabaski prend tout son sens. 

Dans les quartiers d’Abidjan et les villages les familles s’organisent. 

Ceux qui le peuvent sacrifient un mouton. Ceux qui ne le peuvent pas, prient et partagent autrement.

 Le sacrifice n’est pas une obligation pour les plus démunis, mais un acte recommandé. Trois jours sont accordés pour cela.

Et pas seulement le mouton : le cabri, le bœuf ou même le chameau sont acceptés.

Pourquoi “Tabaski” ?

Le mot vient d’une déformation de “Tifeski”, qui signifie “printemps” en langue berbère mauritanienne. 

Mais dans les cœurs ouest-africains, il veut surtout dire : réunion, partage, générosité. 

La viande est divisée en trois parts : une pour la famille, une pour les amis, une pour les pauvres. 

Plus qu’une fête, une foi incarnée

À la Tabaski, on se réveille tôt. On prie ensemble. On s’embrasse. Les beaux habits sont de sortie. On rend visite à la famille, aux voisins, aux anciens. 

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Personne n’est oubliée. Parce qu’au fond, cette fête raconte l’histoire de Dieu qui ne veut pas de sang inutile, mais des cœurs sincères.

Un Dieu qui veut qu’on se rappelle de Lui… en se tournant vers les autres.

Eirena Etté

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