À quelques semaines de la Tabaski 2026, les autorités ivoiriennes tentent d’anticiper les tensions sur le marché du bétail. Le gouvernement multiplie les échanges avec les responsables religieux pour encourager la consommation de moutons made in Côte d’Ivoire.
Lundi 11 mai 2026, le directeur de cabinet du ministre des Ressources animales et halieutiques, Assoumany Gouromenan, a reçu une délégation du Conseil suprême des imams, organisations et structures sunnites en Côte d’Ivoire (CODISS).
Le gouvernement mise sur la production locale
Au cœur des discussions : l’approvisionnement en bétail pour la fête de la Tabaski.
Les autorités veulent convaincre davantage de fidèles de se tourner vers les béliers élevés localement.
Même plus petits que certains moutons importés du Sahel, ces animaux restent disponibles sur les marchés ivoiriens.
Par ailleurs, selon le ministère, cette orientation devient nécessaire face aux difficultés d’acheminement observées depuis plusieurs années dans la sous-région.
Des importations de plus en plus compliquées
La Côte d’Ivoire dépend encore fortement des pays voisins pour couvrir ses besoins pendant la Tabaski.
Cette année, le pays prévoit une demande avoisinant 350 000 têtes de bétail, entre ovins et bovins. Abidjan concentre à lui seul environ 120 000 têtes.
Pourtant, la production nationale couvre seulement 25 % des besoins, soit environ 87 500 têtes. Le reste provient principalement du Niger, du Mali et du Burkina Faso.
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Or, les difficultés de transport et les tensions observées dans certains corridors compliquent l’approvisionnement.
Le Niger, considéré comme l’un des principaux fournisseurs du marché ivoirien, figure parmi les pays les plus concernés.
Les guides religieux rassurent les fidèles
Face aux inquiétudes, le CODISS apporte un éclairage religieux.
Le secrétaire exécutif de l’organisation, Diarra Siaka, rappelle que l’islam autorise parfaitement le sacrifice de moutons élevés localement, à condition que certaines règles soient respectées.
L’animal doit notamment être en bonne santé et atteindre l’âge requis.
Le responsable religieux évoque aussi une autre possibilité prévue par la tradition islamique : le sacrifice d’un bovin partagé entre plusieurs personnes.
« Le contexte est exceptionnel », souligne-t-il en appelant les fidèles à s’adapter à la situation actuelle.
Une campagne de sensibilisation dans les mosquées
Les responsables religieux annoncent déjà des actions de sensibilisation.
Les messages seront relayés dans les mosquées, les associations islamiques ainsi qu’au cours des sermons de l’Aïd.
À travers cette mobilisation, les autorités espèrent limiter la pression sur les importations tout en soutenant les éleveurs ivoiriens.
Eirena Etté
nb : image d’illustration













