Depuis plusieurs jours, un mot revient dans l’actualité sanitaire mondiale : hantavirus. Le sujet inquiète après l’apparition d’un foyer d’infection à bord du navire de croisière MV Hondius, où plusieurs décès ont déjà été signalés.
Des passagers européens, dont des Français, ont été placés en isolement à leur retour. En Europe, les autorités sanitaires surveillent désormais la situation de près.
Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et surtout, existe-t-il un risque pour la Côte d’Ivoire ?
Un virus transmis principalement par les rongeurs
Les hantavirus regroupent plusieurs virus présents dans différentes régions du monde.
Les scientifiques les associent surtout aux rongeurs sauvages, notamment certaines souris et certains rats.
La contamination survient généralement après un contact avec l’urine, la salive ou les excréments d’animaux infectés.
L’inhalation de poussières contaminées peut aussi transmettre le virus.
Selon les autorités sanitaires internationales, les symptômes apparaissent parfois plusieurs semaines après l’exposition.
Fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, difficultés respiratoires… Dans certains cas, l’infection peut provoquer des complications pulmonaires graves.
Pourquoi le cas du MV Hondius attire autant l’attention
Le foyer détecté sur le navire MV Hondius intrigue les scientifiques pour une raison précise.
L’Organisation mondiale de la santé évoque la possible implication du virus Andes, une souche rare observée principalement en Amérique du Sud.
Contrairement à la majorité des hantavirus, cette variante peut parfois se transmettre entre humains dans certaines conditions très spécifiques.
C’est ce point qui pousse plusieurs pays européens à renforcer les mesures de surveillance sanitaire.
Toutefois, l’OMS estime pour le moment que le risque global pour la population reste faible.
Que sait-on de la situation en Côte d’Ivoire ?
À ce jour, aucun foyer humain actif de hantavirus n’a été signalé officiellement en Côte d’Ivoire.
Des recherches scientifiques anciennes ont toutefois identifié des virus apparentés aux hantavirus chez certains animaux dans le pays.
Des études publiées en 2012 évoquent notamment des découvertes réalisées chez des chauves-souris et des musaraignes en Côte d’Ivoire. (virologyj.biomedcentral.com)
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Cependant, aucune donnée récente ne fait état d’une circulation importante du virus chez l’homme ou d’une épidémie comparable à celle surveillée actuellement en Europe.
Hantavirus et Covid-19 : pourquoi les experts refusent la comparaison
Depuis le début de cette alerte sanitaire, beaucoup établissent un parallèle avec le Covid-19. Pourtant, les spécialistes insistent sur plusieurs différences majeures.
D’abord, le Covid-19 se transmettait très facilement d’une personne à une autre. Pour les hantavirus, la situation reste beaucoup plus limitée.
Selon l’Institut Pasteur, la souche Andes — celle suspectée sur le MV Hondius — peut effectivement se transmettre entre humains.
Mais cette transmission nécessite des conditions très particulières de proximité ou de promiscuité.
Les experts expliquent également que le délai d’incubation diffère fortement.
Pour l’hantavirus Andes, les symptômes peuvent apparaître entre une et six semaines après l’exposition.
Pour le Covid-19, les signes surviennent généralement beaucoup plus rapidement.Autre différence importante : la propagation.
Des spécialistes estiment que le risque de pandémie mondiale reste bien plus faible avec l’hantavirus.
En cause, une évolution souvent rapide des formes graves et un isolement immédiat des patients, ce qui coupe plus vite les chaînes de transmission.
Aucun vaccin spécifique à ce stade
À l’heure actuelle, il n’existe ni vaccin généralisé ni traitement spécifique contre l’hantavirus, rappellent plusieurs infectiologues.
Les médecins prennent surtout en charge les symptômes et les complications respiratoires éventuelles.
En revanche, les autorités sanitaires soulignent qu’une prise en charge rapide améliore considérablement les chances de survie.
Pour le Covid-19, la situation avait évolué différemment avec le développement rapide de vaccins à ARN messager utilisés à grande échelle dans le monde.
Une surveillance maintenue en Europe
En Europe, plusieurs pays poursuivent actuellement le suivi des passagers du MV Hondius.
Des Français, des Néerlandais, des Britanniques ou encore des Espagnols figurent parmi les personnes placées sous surveillance médicale ou en isolement préventif.
Pour le moment, aucune autorité sanitaire internationale ne signale de menace immédiate pour la Côte d’Ivoire.
Les spécialistes appellent surtout à éviter les fausses alertes et les comparaisons trop rapides avec le Covid-19, tout en maintenant une vigilance sanitaire face aux maladies émergentes.













