Après la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle 2025, le nouveau président élu va prêter serment. Le lundi 8 décembre 2025 est la date prévue pour ce rendez-vous. Mais en quoi va consister cette cérémonie et qu’est-ce qu’elle symbolise ? Dans cet entretien, Pr Coulibaly Mamadou Konvolo, maître de conférences en droit privé à l’Université Jean-Laurent Guédé de Daloa, explique.
Pourquoi le président élu doit obligatoirement prêter serment ?
La législation ivoirienne, notamment la Constitution prévoit en son article 58, la prestation de serment.
Ce texte nous dit que la prestation de serment par le président élu, a lieu le 2e lundi du mois de décembre.
Autrement dit, le 2e lundi du mois de décembre de la 5e année du mandat du président de la République en fonction.
Expliquez-nous de façon concrète.
De façon concrète, lorsqu’un président vient d’être élu à partir de la proclamation du résultat définitif par le conseil constitutionnel, l’événement qui doit suivre, c’est la prestation de serment par le président de la République.
Il doit promettre sur la Constitution ivoirienne de respecter certaines vertus, de respecter certaines règles et de réunir certaines qualités pour pouvoir vraiment garantir l’unité nationale et, on va dire, le bon vivre en Côte d’Ivoire.
Alors, le texte nous dit que c’est le 2e lundi du mois de décembre, après la confirmation de son élection par le Conseil constitutionnel.
C’est cette date que la constitution nous donne, à nous de vérifier maintenant à quelle date exacte cela ramène selon le calendrier grégorien pour en avoir la certitude.
Comment se fait cette prestation de serment ?
La prestation de serment se fait selon une procédure bien détaillée par l’article 58 cité.
Cet article nous dit que le président de la République, qui vient d’être élu, va prester devant le Conseil constitutionnel.
C’est donc en présence du Conseil constitutionnel que la cérémonie va avoir lieu.
Si le texte n’indique pas le lieu, on peut penser que cela ait lieu dans une salle au palais présidentiel, tout comme cela pourrait avoir lieu à la salle où le Conseil constitutionnel a l’habitude de se réunir en assemblée.
A votre avis ce sera où exactement ?
On peut penser aux deux lieux. Alors, quitte à ceux qui organisent de se référer aux lieux les plus indiqués, susceptibles de recevoir les personnalités indispensables et nécessaires pour attribuer toute la solennité possible à cette prestation de serment.
Parce que c’est un acte solennel, c’est une fête, c’est un acte qui doit être bien organisé et bien réalisé pour donner tout le crédit possible à celui qui vient d’être élu et qui aura à assurer la destinée de la République pendant cinq ans.
Donc, ce jour-là, le président de la République va recevoir les attributs de sa fonction. Certaines choses lui seront remises comme attributs de sa fonction, et en même temps, il aura la parole pour réaliser ce qu’on appelle la formule de prestation des sermons.
L’article 58 toujours de la Constitution nous apprend que c’est devant le peuple souverain du Côte d’Ivoire.
Le président de la République va prononcer ses propos en disant devant le peuple souverain du Côte d’Ivoire, “je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution“.
Donc, il prendra l’engagement solennel devant le peuple qui l’a élu, qu’il s’engage à respecter la Constitution.
Il s’engage également à incarner l’unité nationale, c’est-à-dire qu’une fois élu, il cesse d’appartenir à son parti politique, à sa famille, pour devenir l’homme de la République.
Le papa de tout le monde, celui qui écoute tout le monde et qui se met à la disposition de tout le monde pour le bien-être dans la République.
Concrètement, quelle sera sa mission ?
Assurer la continuité de l’État, parce qu’il va hériter d’un État certainement déjà dirigé par d’autres, ses prédécesseurs.
Mais son rôle, c’est de garantir la continuité, d’ajouter ce qu’il a à ajouter pour permettre au pays de se développer, d’être, on va dire, sur les bonnes grâces, de l’avancée mondiale.
Mais aussi de prendre pour son compte les actes qui avaient déjà été réalisés par ses prédécesseurs.
C’est cela, la continuité. Alors, et de défendre l’intégrité territoriale, de protéger les droits et libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs, vous voyez, dans l’intérêt supérieur de la nation.
Et comment se termine la cérémonie ?
Et il termine par une sorte de remise, on va dire, de soi à la nation, en disant ceci, que le peuple mérite sa confiance, et que je subisse la rigueur des lois si j’ai trahi mon serment.
En clair, le serment ressemble au fait de jurer, de promettre, et de s’engager à respecter la parole donnée.
C’est une confession de foi, un acte de foi, un engagement fort que le nouveau président prend vis-à-vis de son peuple.
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Et s’il ne respecte pas son serment ?
Alors, en cas de non-respect du serment, généralement la loi prévoit des sanctions.
Mais on a toujours en esprit que celui qui a été élu, le fait de revenir devant l’organe qui a validé son élection, donc qui lui donne plein pouvoir et qui a le Conseil constitutionnel pour prêter serment, doit se rendre à l’évidence de l’importance de l’engagement qu’il prend.
Réalisé par Drissa Diané















