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Mali: nouveau coup d’État, nouvelle transition ?

Mis à jour le 25 mai 2021
Publié le 25/05/2021 à 6:30 , ,

C’est officiel, le Mali vient de connaître son deuxième coup de force en huit mois. Le colonel Assimi Goïta, chef de la junte militaire, a dissous le gouvernement de transition le mardi 25 mai 2021. Une instabilité politique favorable à l’expansion du terrorisme dans la région.

Le Mali pourra-t-il s’en sortir ? C’est la question qui turlupine les esprits au moment où le colonel Assimi Goïta réaffirme sa main mise sur le pouvoir au Mali. En représailles à l’éviction de deux de ses proches du gouvernement de transition, le militaire a dissous l’équipe qui devait conduire aux prochaines élections dans le pays.

 

La junte avait promis rendre le pouvoir aux civils dans 18 mois depuis la mise en place du gouvernement de transition en septembre 2020. Mais retour à la case départ 8 mois après. Le délai sera-t-il respecté ? Les militaires tiendront-ils leur promesse de rendre un jour le pouvoir aux civils ? La situation inquiète et l’onde de choc pourrait ébranler toute la sous-région.

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« Comment le président civil, mis au pouvoir par des militaires a pu croire qu’on va le laisser nommer des civils à la Défense et à la sécurité au Mali. La situation au Mali met non seulement en péril la transition, mais nous pouvons déboucher sur un autre cycle de violence. Les transitions fragilisent les institutions.

 

Imaginez tous ces organes fragilisés dans un pays fragile menacé par le terrorisme et en proie à des crises de violence. Prions pour que le pays ne passe pas de l’état de pays fragile à un pays failli. La communauté internationale et la CEDEAO ont été trop compatissantes avec ce régime au Mali, car je pense que les mesures contraignantes auraient dû s’appliquer », analyse pour 7info, Paul Kipré, politologue, enseignant chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny.

 

Cet autre coup intervient dans un contexte sécuritaire délétère au nord du pays. Les djihadistes y sèment la terreur. L’armée malienne parfois dépassée par les événements s’en remet à la force française barkhane, pourtant très critiquée par les populations. Que faire ?

Une solution malienne à la crise au Mali ?
 
Après le coup d’État du 18 août 2020, la communauté internationale avait durci le ton face aux putschistes en exigeant le retour à l’ordre constitutionnel. Des sanctions avaient été prises par la CEDEAO pour contraindre la junte à céder le pouvoir aux civils. Mais les militaires semblent ne pas avoir apprécié la méthode.

« Le coup d’État au Mali est une inspiration tchadienne. Le deux poids deux mesures de la communauté internationale et des organisations sous régionales notamment la CEDEAO, la communauté de l’Afrique centrale et de l’Union africaine, a un peu provoqué cette situation dans le pays.

 

Ils ont marqué leur volonté de jouer un rôle au Mali sans toutefois émettre les mêmes exigences au Tchad pourtant, les cas sont similaires », fait savoir à 7info Professeur Issoufou Yahaya, historien et politologue, enseignant-chercheur à l’Université de Niamey au Niger. Selon lui, les Maliens doivent eux-mêmes trouver une solution pour sortir de cette impasse.

« À un moment ou à un autre, il faudrait que les Maliens prennent les choses en main et décident de la manière dont la transition doit être menée. Dans cette région, les intérêts diffèrent. Ceux des Français ne sont pas forcément les mêmes que ceux des Maliens. Pour moi, les militaires maliens doivent aller au bout de leurs actions quitte à se mettre à dos la communauté internationale, car elle est à la base de tout ce qui se passe actuellement dans le pays » assure l’Universitaire.

Pour l’heure le président et le Premier ministre de la transition sont toujours aux mains de la junte militaire. La communauté internationale, notamment la France, exige leur libération.

 

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