Politique

Législatives 2025, Laurent Gbagbo révoque 22 cadres candidats issus du PPA-CI

Mis à jour le 19 novembre 2025
Publié le 19/11/2025 à 10:01 , , , ,

Ce mercredi 19 novembre 2025, le président du parti, Laurent Gbagbo, a officiellement retiré sa confiance à 22 cadres de son parti. Il leur reproche un acte de “désobéissance” et “d’insubordination” après qu’ils ont décidé de se porter candidats aux législatives 2025, scrutin auquel le PPA-CI a décidé de ne pas participer.

 

Une décision née d’un débat interne tranché par le Comité Central

Tout est parti de la session du Comité Central du 6 novembre 2025.

Laurent Gbagbo y avait exprimé, avec une rare clarté, son refus de participer à ces élections législatives organisées dans un climat qu’il jugeait dénué de justice.

« Je suis contre l’élection à court terme. Aller en décembre, c’est couvrir la forfaiture. C’est couvrir les blessés et les morts d’un linceul dédaigneux », disait-il.

À l’issue de débats internes jugés libres et démocratiques, le Comité Central – instance souveraine – a indiqué que le PPA-CI ne pendrait part à ce scrutin que s’il est reporté en 2026.

Un choix politique, mais aussi moral, présenté comme un hommage à la mémoire des victimes et un acte de cohérence dans la lutte contre ce que le PPA-CI qualifie de « dérives institutionnelles ».

Des cadres du PPA-CI candidats

Malgré cette décision ferme, 22 cadres ont choisi de déposer leur candidature aux législatives.

Pour la direction du parti, ce geste constitue un acte de désobéissance, une remise en cause de l’autorité du parti, mais surtout une atteinte à la discipline collective.

Aussi, la formation politique opte pour la fermeté. Elle annonce des sanctions.

La décision du Comité Central s’impose à tous, conformément à l’article 8 des statuts.

La discipline n’est pas sélective : on ne peut profiter du parti dans les moments de gloire et s’en affranchir dans l’adversité.

Ceux qui ont choisi de se présenter aux élections ont agi “sciemment”, en pleine connaissance des directives., fait savoir un communiqué de ce parti.

Laurent Gbagbo sanctionne pour préserver l’unité et la ligne idéologique

Selon le parti, il ne s’agit pas d’une sanction punitive, mais d’une mesure nécessaire pour :

préserver la cohérence de la ligne politique,

protéger la mémoire des morts et blessés évoqués par le président,

éviter un dangereux précédent qui ouvrirait la voie à l’indiscipline et aux ambitions individuelles.

Le communiqué signé par la porte-parole Me Habiba Touré fait des précisions.

« Servir un parti, c’est accepter de le respecter dans les épreuves », lit-on.

En révoquant ces 22 cadres, Laurent Gbagbo réaffirme son contrôle sur le PPA-CI et envoie un message fort.

Celui que la discipline et la fidélité à la ligne politique priment sur les ambitions personnelles.

Dans un contexte de tensions préélectorales, cette décision rebat les cartes au sein du parti et marque un tournant dans la recomposition interne du camp Gbagbo.

Tristan Sahi

7info.ci_logo

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter 7info

L’INFO, VU DE CÔTE D’IVOIRE