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TICAD 2025 : Le Japon mise sur les minerais critiques pour renforcer son partenariat avec l’Afrique

Mis à jour le 25 août 2025
Publié le 25/08/2025 à 2:51 , ,

Le 22 août 2025, à Yokohama, le neuvième sommet de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9) a réuni 5 000 participants venus d’une cinquantaine de pays. Tokyo a affiché sa stratégie pour les années à venir : sécuriser l’accès aux minerais critiques, développer le capital humain et promouvoir une coopération économique plus équilibrée.

 

Minerais stratégiques et souveraineté industrielle

La déclaration finale adoptée par le Japon et les États africains souligne l’importance d’un approvisionnement stable et d’un développement responsable de ressources comme le platine, le palladium, le lithium, le cobalt et les terres rares.

Ces minerais, essentiels aux batteries, semi-conducteurs et à la transition énergétique, sont devenus un enjeu géopolitique majeur.

Pour Tokyo, l’objectif est clair : diversifier ses approvisionnements et réduire sa dépendance à la Chine, qui fournit encore l’essentiel des terres rares.

« L’Afrique dispose des ressources, le Japon des technologies et du savoir-faire industriel.

Nous devons bâtir un partenariat gagnant-gagnant », résume un diplomate japonais.

Promesse d’un modèle plus équitable

Les pays riches en minerais critiques, comme la République démocratique du Congo, la Zambie, Madagascar, l’Angola ou la Namibie, sont au cœur du projet.

Tokyo mise sur le développement local d’une partie de la chaîne de valeur, via des partenariats industriels et des transferts de technologie.

Le Japon veut se démarquer d’un modèle chinois souvent jugé extractif et déséquilibré.

Investissements massifs et formation de talents

Au-delà des minerais, le Japon prévoit de former 30 000 experts en intelligence artificielle. En plus, de  plusieurs milliers de professionnels de santé et de médecine.

Un programme de prêts de 5,5 milliards de dollars (≈3 094 milliards FCFA)sera également déployé.

Il comprendra des conditions strictes de transparence et de gestion des dettes publiques africaines.

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Les entreprises japonaises sont invitées à renforcer leurs investissements dans les infrastructures énergétiques.

Ce secteur crucial alors que deux habitants sur trois n’ont toujours pas accès à l’électricité continue.

Pour Tokyo, électrifier l’Afrique est un moyen de soutenir la stabilité économique et sociale. C’est aussi,  une façon d’ouvrir de nouvelles opportunités commerciales.

Des ambitions à concrétiser

Le Japon souhaite bâtir une zone économique reliant l’Inde, le Moyen-Orient et l’Afrique.

Mais pour l’heure, l’enthousiasme des partenaires africains reste modéré.

Le véritable défi sera, ainsi, de transformer ces promesses en projets concrets, visibles pour les populations locales. Notamment, dans un contexte de déficit massif d’investissements. Et également, de dette publique élevée.

En somme, Tokyo mise sur les minerais critiques et le capital humain.

Elle espère ainsi poser les bases d’un partenariat renouvelé et moins asymétrique.

Eirena Etté

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