La Russie veut renforcer son influence en Afrique. Pour y arriver, le pays du président Poutine a reconstitué son dispositif sur le continent. Ce que qu’indique un rapport français, apprend 7info.
Une restructuration majeure de l’influence russe en Afrique
L’influence russe en Afrique connaît une restructuration de son dispositif sur le continent.
Dans un rapport, Vignium, l’agence française qui surveille les interférences numériques étrangères, le dévoile.
Publié il y a quelques semaines, le document révèle que cette nouvelle dynamique. Celle-ci tire sa source de la tentative de coup d’État d’Evgeniy Prigojine en juin 2023 et sa mort deux mois plus tard.
Des faits qui selon le rapport, ont entrainé le démantèlement des structures de la société militaire privée (SMP) Wagner ainsi qu’une restructuration du dispositif russe chargé de l’influence en Afrique.
À en croire Vignium, « cette stratégie reposait initialement sur deux approches.
La première ‘’officielle et manifeste’’ fondée sur les médias d’État russes RT et Sputnik. La seconde est plus secrète, reposant sur des opérations d’information clandestines – dont le ‘’projet Lakhta’’- menées par Wagner ».
African Initiative : un nouvel acteur médiatique
Mais un nouvel acteur a fait son apparition dans le dispositif, fait savoir le rapport. Il s’agit de ‘’African Initiative’’.
Cet acteur médiatique est une agence de presse basée à Moscou.
La Russie a lancé l’African Initiative en septembre 2023, seulement un mois après la mort d’Evgueni Prigojine dans un accident d’avion.
Ce dernier était l’un des fondateurs de Wagner et son chef, précise le confrère Euronews
Selon Vignium, le média serait dirigé par l’État russe. Il emploierait des individus liés aux services de renseignement russes et à l’ex-« galaxie Prigojine ».
African Initiative « a pris la main sur le dispositif de désinformation et d’influence jusqu’alors en place avec pour objectif de promouvoir et de renforcer la présence de la Russie en Afrique », lit-on dans le résumé de ce rapport.
« African Initiative est composée d’une agence de presse basée à Moscou et d’un tissu associatif local d’ONGs en Afrique dont la première est située au Burkina Faso », ajoute le document.
À en croire le rapport, le média masque ses activités d’ingérence numérique. Il dissimule aussi ses actions de désinformation derrière une façade de diplomatie publique.
Celle-ci s’appuie notamment sur ces ONGs en charge de recruter localement des influenceurs, des journalistes et des militants. Afin de relayer et amplifier les récits pro-russes auprès des audiences locales.
« Depuis sa création, African Initiative relaie également la propagande pro-russe et diffuse des contenus anti-occidentaux à travers différents canaux numériques (sites web et réseaux sociaux), en plusieurs langues, dont le Français », révèle également Vignium.
Mais pour être efficace auprès d’une large audience, le rapport fait savoir que l’agence de presse pro-russe utilise un mode opératoire informationnel (MOI) visant à amplifier ses contenus auprès de publics africains anglophones et francophones.
Baptisé « AI-Freak » dans ce rapport, il fait notamment appel à l’utilisation de contenu généré par l’intelligence artificielle (images, texte et vidéo) et à des techniques de manipulation.
Une stratégie de long terme pour renforcer la présence russe
Selon le rapport, African Initiative chercherait à institutionnaliser son modèle. Cette stratégie de long terme vise à façonner un espace médiatique favorable aux objectifs de la politique étrangère de Moscou.
Ses activités s’inscrivent dans une stratégie plus large de diplomatie publique portée par la Russie sur le continent africain.
Richard Yasseu















