Le président français Emmanuel Macron entame depuis dimanche une visite officielle de deux jours au Gabon, où il est reçu avec faste par le chef de la transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Une séquence diplomatique majeure, au moment où plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’Ouest ont clairement pris leurs distances avec Paris.
Accueilli à Libreville avec les honneurs militaires, Emmanuel Macron a été reçu au Palais du Bord de Mer par le président de la transition. Selon la présidence gabonaise, cette visite vise à « renforcer les relations bilatérales et explorer de nouveaux partenariats stratégiques ».
Mais sur le plan régional, elle prend une dimension plus délicate : l’influence française recule dans plusieurs pays du Sahel et d’Afrique centrale, tandis que le Gabon choisit de maintenir un lien assumé avec Paris.
Oligui Nguema, un allié stratégique pour Paris
Depuis sa prise de pouvoir en août 2023, le général Oligui Nguema s’efforce de repositionner le Gabon sur la scène internationale. Son ouverture envers la France tranche avec les ruptures observées au Mali, au Burkina Faso, au Niger ou encore en Centrafrique, où les gouvernements successifs ont mis fin à divers accords militaires et de coopération avec Paris.
Le Gabon, lui, semble préférer une continuité diplomatique équilibrée.
Selon plusieurs observateurs, Libreville cherche à consolider ses partenariats classiques tout en diversifiant ses alliances, notamment avec la Chine et d’autres puissances émergentes.
Le manganèse, le bois, et les enjeux économiques
La présence française au Gabon demeure fortement liée aux ressources naturelles, en particulier : le manganèse, dont le Gabon est l’un des premiers producteurs mondiaux ; le bois, secteur clé de l’économie gabonaise ;
mais aussi l’énergie, les infrastructures, et les services.
Ces ressources constituent un enjeu majeur pour Paris, qui cherche à sécuriser des approvisionnements stratégiques et à maintenir ses investissements dans un pays historiquement proche.
Si la France affirme vouloir bâtir un « partenariat renouvelé », certains analystes y voient surtout la volonté de conserver une influence économique à un moment où d’autres acteurs, notamment asiatiques, gagnent du terrain.
Une visite observée dans un climat régional tendu
La tournée de Macron en Afrique centrale intervient dans un contexte où l’opinion publique de plusieurs pays rejette de plus en plus la présence française, perçue comme héritée de la Françafrique.
Le Gabon, en déroulant un accueil officiel et chaleureux au président français, envoie un message différent : celui d’une coopération assumée, mais qui se veut modernisée.
Reste à savoir si cette visite suffira à repositionner Paris dans une région en pleine recomposition géopolitique.
Tristan SAHI














