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Félicien Kabuga, financier du génocide rwandais en route pour la CPI

Mis à jour le 19 mai 2020
Publié le 19/05/2020 à 4:52 , , , , , ,
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Félicien Kabuga sera face à la justice française le mercredi 20 mai, en vue d’un potentiel transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI), au Pays-Bas. L’homme arrêté le samedi 16 mai près de la capitale française était en cavale depuis 22 ans ! Il était recherché par la justice internationale pour son rôle clé dans le génocide rwandais de 1994.

Cet homme âgé aujourd’hui de 84 ans, est soupçonné d’être le financier de cette tragédie africaine. Homme d’affaires prospère, proche de l’Akazu (maisonnée en kinyarwanda) surnom donné à l’entourage proche du Président Juvénal Habyarimana, Félicien Kabuga selon le journaliste David Servenay, du quotidien français le Monde a joué « un rôle de financier, voire de logistique » dans cette sale guerre ayant opposé la majorité Hutu à la minorité Tutsie. Du 6 avril au 14 juillet 1994, l’on a enregistré le chiffre  de 800 000 personnes tuées, principalement des Tutsis.

Invité de Christophe Boisbouvier sur RFI dans ‘’l’invité de l’Afrique’’, le confrère a soutenu que le présumé génocidaire avait par le biais de ses circuits réussi à contourner l’embargo sur les armes pour alimenter l’armée rwandaise dont la plupart des officiers encadraient les milices Hutus.

Félicien Kabuga via l’une de ses sociétés, avait importé 50 mille machettes de la Chine pour les redistribuer aux Interahamwe, extrémistes Hutus.

A la question de savoir comment, Félicien Kabuga, contre qui un mandat d’arrêt international avait été émis depuis 1998 a pu se cacher durant 22 longues années, le journaliste français qui a mené une longue enquête sur ce génocide a fait savoir que l’homme entretenait des liens étroits avec les autorités françaises d’alors.

« Le 12 avril 1994 toute sa famille est évacuée sur ordre de l’Elysée dirigé à l’époque par François Mitterrand », révèle David Servenay.

Après la chute de Kigali, Félicien Kabuga s’était réfugié au Kenya sous la protection de Daniel Arap Moi jusqu’en 2002.

Son compère le colonel Théoneste Bagosora, ‘’cerveau’’ du génocide a quant à lui été condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) installé à Arusha, en Tanzanie à la prison à vie.

Avant son arrestation, cet homme aux allures de grand-père sans histoire était l’un des hommes les plus recherchés de la planète. Son âge avancé et son état de santé seraient-ils une situation atténuante ? Les jours à venir nous situeront.

Arnaud Houssou

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