La décision de la CAF de déchoir le Sénégal du titre de champion d’Afrique au profit du Maroc repose sur des bases réglementaires précises. Au cœur de cette affaire, l’application des textes règlementant de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Voici ce que disent ces textes.
Une décision fondée sur l’article 84
Dans son communiqué officiel, la CAF est sans équivoque. Le Sénégal est déclaré forfait et la victoire est attribuée au Maroc sur le score de 3-0.
L’instance précise que cette décision est prise « en application de l’article 84 du règlement de la CAN », qui prévoit les sanctions en cas d’infraction grave.
Cet article ne définit pas lui-même la faute, mais fixe clairement la conséquence. Le forfait et l’homologation du match sur un score standard de 3-0.
L’article 82 au cœur de l’infraction
L’article 82 du règlement de la CAF dispose que « Si, pour n’importe quelle raison, une équipe quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée comme perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours ».
C’est précisément sur cette base que la CAF a tranché. Le fait que les joueurs sénégalais aient quitté la pelouse, sur instruction de leur sélectionneur, constitue une infraction majeure au règlement, indépendamment du contexte ou des circonstances du match.
Retour sur les faits à l’origine de la sanction
Le 18 janvier 2026, lors de la finale à Rabat, la tension atteint son paroxysme dans les dernières minutes.
Alors que le score est toujours nul, un penalty est accordé au Maroc pour une faute jugée litigieuse.
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La décision arbitrale provoque la colère des joueurs sénégalais. Ils estiment avoir été lésés quelques instants plus tôt.
Dans la foulée, le sélectionneur Pape Thiaw demande à ses joueurs de quitter la pelouse.
S’ensuivent des scènes de confusion : interruptions prolongées, tensions en tribunes, tentative d’envahissement du terrain.
Après environ 15 minutes, le match reprend finalement, mais cet épisode constitue le point central du litige.
Malgré cela, le Sénégal s’impose ensuite 1-0 et est sacré sur le terrain, avant que la CAF ne revienne sur ce résultat près de deux mois plus tard.
Le précédent du Wydad Casablanca en 2019
Cette décision n’est pas sans précédent dans le football africain. En 2019, lors de la finale de la Ligue des champions de la CAF, le Wydad Casablanca avait quitté la pelouse.
Il protestait contre une panne de la VAR.
Trois mois plus tard, l’Espérance de Tunis avait été déclarée vainqueur sur tapis vert.
Une application stricte du règlement
La Fédération royale marocaine de football insiste sur ce point. Sa démarche visait uniquement à faire appliquer les textes, et non à contester la performance sportive du Sénégal.
De son côté, la CAF semble avoir privilégié une lecture rigoureuse du règlement. Elle considère que l’abandon temporaire du terrain constitue une faute suffisante pour entraîner un forfait, même si le match a ensuite repris.
Un débat entre droit et esprit du jeu
Si juridiquement la décision s’appuie sur des textes clairs, elle continue toutefois de susciter un débat. Entre application du règlement et respect du résultat sur le terrain, l’affaire illustre une tension dans le sport de haut niveau.
Désormais, le recours annoncé du Sénégal devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) pourrait rebattre les cartes. Il pourrait apporter une nouvelle lecture de ce dossier déjà explosif.
Tristan Sahi













