En Guinée-Bissau, l’ex-président nigérian Jonathan Goodluck dirigeait une mission d’observation électorale du Forum des Sages de l’Afrique de l’Ouest. Son équipe était encore dans le pays quand le coup d’État qui a renversé le président d’Umaro Sissoko Embaló a eu lieu. Une situation dont cette mission s’en est sortie avec quelques difficultés.
Le mercredi 26 novembre 2025, après leur prise du pouvoir, les militaires ont fermé toutes les frontières aériennes et terrestres du pays.
La Guinée-Bissau était donc fermée à tout déplacement. Face à cette situation de tension, les président nigérian Bola Tinubu et ivoirien Alassane Ouattara ont tous deux mobilisé des avions pour l’évacuer, lui et sa délégation.
Finalement ce sera l’avion ivoirien qui obtiendra l’autorisation d’atterrissage plus rapidement en raison de la proximité géographique.
Jonathan Goodluck et son équipe ont pu sortir par l’avion ivoirien. Une fois dans son pays, il en a dit un mot à la presse.
“Je tiens à remercier mon président Bola Tinubu et le président ivoirien Alassane Ouattara. Ces deux présidents devaient envoyer des avions pour nous récupérer.
Mais tout le monde sait que la Côte d’Ivoire est proche de la Guinée-Bissau et il y a toujours des relations entre les pays francophones et lusophones.
Ils ont pu pénétrer leur système pour obtenir un permis d’atterrissage avant que le Nigeria ne puisse le faire“, a-t-il révélé dans une interview.
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Poursuivant, il affirme que sans l’intervention rapide d’Abidjan, la situation aurait pu dégénérer.
L’ancien président nigérian s’est exprimé sur le coup d’État perpétré par l’armée à 24 heures de la proclamation des résultats de la présidentielle.
Un scrutin dont le camp d’Umaro Sissoko Embaló, président sortant, et celui du principal candidat de l’opposition, Fernando Dias da Costa, revendiquaient tous deux la victoire.
Pour Jonathan Goodluck, le putsch du mercredi 25, serait un auto-coup d’État.
“Ce qui s’est passé en Guinée-Bissau n’était pas un coup d’État. C’est le président (Umaro Embaló, chef d’État sortant) qui a annoncé le coup d’État.
C’est le président qui a appelé les médias pour leur dire qu’il y avait un coup d’État.
Je suis Nigérian et je sais comment les chefs d’État sont traités lorsqu’il y a un coup d’État“, commente Jonathan Goodluck.
Quant à Umaro Embaló, après un bref passage à Dakar au Sénégal, il est depuis samedi 28, à Brazzaville au Congo.
Arnaud Houssou















