International

Coup d’État au Niger, les raisons d’une instabilité politique depuis des décennies

Mis à jour le 29 juillet 2023
Publié le 29/07/2023 à 8:00 , , ,

1, 2, 3, 4 puis 5. C’est le nombre de coups d’État perpétrés au Niger depuis l’indépendance. Le nouvel homme fort du pays, depuis le mercredi 26 juillet, le général Abdourahamane Tchiani, a évoqué les raisons sécuritaires pour prendre le pouvoir.

Lutter contre le terrorisme en concertation avec les pays impliqués dans la zone des trois frontières. C’est l’objectif affiché du nouvel homme fort du Niger. Une fois encore, le pays bascule dans un régime militaire.

La communauté internationale crie, dénonce et menace. Elle réclame la libération du président Mohamed Bazoum et surtout le retour à l’ordre constitutionnel. Mais c’est le statuquo. Pire, les putschistes ont suspendu la « constitution et dissous les institutions ».

Selon le politologue Geoffroy Kouao Julien, ce coup d’État était prévisible.

« Depuis le départ de Mouammar Kadhafi et la dislocation de l’État libyen, nous avons une situation d’insécurité dans la région du Sahel. Les coups d’État successifs sont les conséquences de l’insécurité dans cette zone où pullulent les djihadistes » a-t-il fait remarquer.

L’ordre constitutionnel est en mal au Niger depuis des décennies. Une situation qui a empiré ces dernières années avec la crise sécuritaire au Sahel. L’armée se substitue au pouvoir civil.

« Le rôle de l’armée, c’est de défendre le territoire et celui des civils, de faire la politique. Ce qui se passe au Niger est donc une anomalie. C’est le 5e coup d’État dans le pays depuis les indépendances. La gouvernance militaire prend le pas sur la gouvernance civile. En 1974, les militaires ont pris le pouvoir jusqu’en 1993, mais il n’y a pas eu de développement depuis. Les parenthèses démocratiques n’ont rien donné » regrette l’universitaire.

LIRE AUSSI: Niger : qui est le général Tchiani, le nouvel homme fort du pays ?

Le coup d’État au Niger se déroule au moment où des chefs d’État africains participent au sommet Russie-Afrique à Moscou. Le Mali et le Burkina, qui font eux aussi face au terrorisme dans leurs régions respectives prennent part à la rencontre.

Le Niger préconise une action concertée pour lutter contre le phénomène. Et la Russie, partenaire des deux pays cités plus haut, pourrait profiter de la situation.

« Au sud il y a le Nigéria avec Boko Haram, à l’ouest il y a le Mali et le Burkina Faso avec les terroristes et au nord, la Libye et l’Algérie où pullulent des mouvements terroristes. La sécurité du pays est donc primordiale. L’opinion publique au Mali et au Burkina est hostile à la France. On ne peut pas affirmer que la Russie a sa main dans tout ce qui se passe même si c’est à l’avantage de Moscou. Les nouveaux dirigeants sont proches de Poutine. Et donc je crains pour l’avenir de la France au Niger » a analysé pour 7info, Geoffroy Kouao Julien.

Le président déchu, Mohamed Bazoum, est toujours aux mains des militaires putschistes. Le nouvel homme fort du pays, semble avoir le soutien de l’armée et de la rue. Le calme est revenu à Niamey, après quelques heures de frayeur.

 

7info.ci_logo

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter 7info

L’INFO, VU DE CÔTE D’IVOIRE