Le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a profité du Sommet régional sur le gaz, le 7 décembre à Abidjan, pour visiter le site de CIPREL. Une séquence hautement symbolique : l’institution veut renforcer son soutien au secteur électrique ivoirien, alors que la demande explose dans le pays.
Sur le site de Vridi, Ousmane Diagana l’a répété sans détour : CIPREL est “le PPP le plus abouti possible”
.Créée en 1994 grâce à l’IFC et l’IDA, la centrale privée — filiale du groupe Eranove — a grandi à la vitesse du réseau ivoirien.
D’un simple module de 99 MW, elle atteint aujourd’hui 556 MW, grâce notamment à son cycle combiné qui permet d’éviter près de 500 000 tonnes de CO₂ par an.
Une réussite qui a ouvert la voie à un deuxième grand projet : Atinkou, à Jacqueville, avec 390 MW supplémentaires.
Ensemble, CIPREL + Atinkou = 946 MW, soit la plus grande capacité thermique privée du pays.
Une demande qui grimpe de 8 % par an
La visite intervient alors que la consommation d’électricité continue de croître, soutenue par l’industrialisation l’urbanisation et l’extension de l’accès pour les ménages.
Pour anticiper cette pression, le gouvernement vise 3 263 MW de capacités nouvelles d’ici 2030, dont :
- 2 000 MW au gaz,
- 184 MW en hydraulique,
- 960 MW en solaire,
- 122 MW en biomasse.
Le gaz, nerf stratégique du futur mix énergétique
Avec un programme aussi ambitieux, sécuriser le gaz devient vital.
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Le ministère de l’Énergie finalise un Plan directeur gaz destiné à assurer l’approvisionnement, stabiliser les coûts et accompagner la montée en puissance des renouvelables.
La Banque mondiale monte en puissance
Ousmane Diagana l’a confirmé : le soutien de la Banque mondiale va s’intensifier.
Déjà engagée dans Mission 300 — une initiative qui vise l’accès universel à l’électricité d’ici 2030 — l’institution promet dans un premier temps, appui technique ensuite des investissements dans les infrastructures puis le financement du gaz.
On peut aussi citer, un soutien au mix énergétique et des garanties pour encourager les investisseurs privés.
« Notre ambition est d’assurer une énergie de qualité et à un coût abordable. Nous resterons engagés aux côtés de la Côte d’Ivoire », a assuré Ousmane Diagana.
Un secteur clé pour la compétitivité du pays
Pour la Banque mondiale, l’électricité n’est pas qu’un service public. Il s’agit du moteur de la compétitivité industrielle, de la création d’emplois et de la croissance.
Ainsi, l’engagement renouvelé de l’institution confirme que le secteur électrique ivoirien restera l’un des piliers de son action régionale
Eirena Etté















