Lancée en grandes pompes en mars 2025, la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), regroupant une vingtaine de partis de l’opposition ivoirienne semble voler en éclat seulement sept mois après sa création.
Plusieurs leaders de l’opposition, s’étaient rassemblés le 10 mars 2025, dans une ambiance festive, à l’auditorium du siège du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à Cocody pour signer la charte de la CAP-CI.
Parmi eux, les présidents du PDCI, Tidjane Thiam, du Front populaire ivoirien (FPI) Pascal Affi N’guessan, du Mouvement des générations capables (MGC) Simone Gbagbo, du Congrès pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP) Charles Blé Goudé.
Ils avaient expliqué que la CAP-CI était une coalition “non idéologique et de concertation’’ dont l’objectif était de travailler à obtenir une réforme du système électoral, à l’approche de l’élection présidentielle.
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Tidjane Thiam avait été désigné comme le président de la conférence des présidents et Simone Gbagbo la porte-parole de la coalition que le Parti des peuples africains (PPA-CI) de l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo, n’a pas accepté d’intégrer.
Mais très tôt, les premiers signes d’effritement ont fait surface.
Dans une déclaration signée par son premier Secrétaire général adjoint en charge des adhésions et de la gestion des cadres et élus, le mouvement des Écologistes, a annoncé vendredi 14 mars 2025, soit moins d’une semaine après la présentation officielle, son retrait de cette coalition.
Le mouvement politique, dirigé par le journaliste Hermann Aboa, avait expliqué avoir pris cette décision pour “ préserver l’indépendance et la crédibilité de (son) engagement’’ dans la coalition.
Quelques semaines plus tard, c’était au tour du président du Renouveau démocratique, Lamoussa Djinko, de claquer la porte de la CAP-CI.
Pour se faire, il a dénoncé un déficit de démocratie interne et un mépris du PDCI envers les autres partis de la CAP-CI après que l’ex-parti unique a créé le “Front commun’’, une autre coalition avec le PPA-CI.
Quelques semaines plus tard, Charles Blé Goudé a lui aussi dénoncé un manque de courtoisie du PDCI.
Le secrétaire exécutif du PDCI, Soumaila Bredoumy a beau assuré que la création du Front commun n’enlevait “en rien la détermination du PDCI à travailler au sein de la CAP-CI’’, cela n’a pas apaisé pour autant les dissensions.
Le 25 septembre 2025, la porte-parole Simone Gbagbo, candidate à l’élection présidentielle d’octobre 2025, a décidé de se mettre en retrait des activités de la coalition.
Depuis samedi 04 octobre, c’est le COJEP de Charles Blé Goudé qui a décidé lui aussi de rompre les amarres avec la CAP-CI.
Avec ces nombreux retraits, cette coalition de l’opposition s’est en grande partie vidée de sa substance.
Parviendra-t-elle à survivre et à peser dans ce processus électoral qui va allègement à sa fin ? La question reste posée.
Serge Alain Koffi















