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Autoroute Abidjan-Lagos : une gouvernance supranationale se met en place pour piloter 1 028 km d’intégration régionale

Mis à jour le 25 février 2026
Publié le 25/02/2026 à 1:52 , , , , , , , , , , ,

Le projet d’autoroute Abidjan-Lagos franchit une étape décisive. Les institutions régionales installent une gouvernance dédiée pour encadrer ce corridor stratégique de 1 028 kilomètres.

 

Les 19 et 20 février 2026, le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et la CEDEAO ont réuni à Abidjan les dix administrateurs de l’Autorité de gestion du corridor.

L’objectif est de structurer le pilotage d’une infrastructure qui reliera cinq économies majeures d’Afrique de l’Ouest.

Une autoroute au cœur de cinq pays

Le tracé reliera la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria.

Ces pays concentrent une large part de l’activité économique du golfe de Guinée.

En clair, ce corridor vise à fluidifier les échanges entre des capitales commerciales dynamiques.

Il connectera ports, zones industrielles et pôles urbains en forte croissance.

Une nouvelle autorité pour un projet transnational

Les États ont officiellement installé le Conseil d’administration de l’ALCoMA en décembre 2025.

Les administrateurs entament désormais leur phase opérationnelle.

Le traité fondateur, les accords intergouvernementaux et le statut supranational du projet ont été examinés.

Autrement dit, ils posent les bases juridiques d’une autorité capable d’agir au-delà des frontières nationales.

Ensuite, le règlement intérieur et la charte institutionnelle ont également été passés au crible.

Ils ont défini les modalités de recrutement du directeur général et des équipes techniques.

Cette étape renforce la crédibilité du projet auprès des investisseurs.

Un corridor pensé comme levier économique

Cependant, l’autoroute ne se limite pas à un axe routier.

Les responsables ont analysé son impact sur le commerce et la logistique régionale.

En effet, le projet vise à réduire les délais de transport et à abaisser les coûts de transit.

Il doit aussi structurer des chaînes de valeur industrielles le long du tracé.

En conséquence, le corridor pourrait stimuler l’industrialisation et créer des pôles économiques intégrés.

La BAD en chef de file du financement

La Banque africaine de développement joue un rôle central dans la mobilisation des ressources.

L’institution agit comme arrangeur principal mandaté aux côtés de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO.

La BAD a déjà mobilisé 25 millions de dollars pour la phase préparatoire, soit environ 13,92 milliards de FCFA.

Cette enveloppe a permis de financer les études techniques et institutionnelles.

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Désormais, les partenaires doivent structurer un montage financier global de plusieurs milliards de dollars.

En effet, le défi reste important dans un contexte budgétaire régional contraint.

Un horizon stratégique à l’horizon 2030

Les États ambitionnent de faire de cette autoroute l’épine dorsale économique ouest-africaine.

Ils veulent accélérer l’intégration régionale et renforcer la compétitivité du corridor côtier.

Cette infrastructure pourrait transformer les flux commerciaux entre Abidjan et Lagos.

Par ailleurs,  l’Autoroute Abidjan-Lagos pourrait également attirer davantage d’investissements privés.

En somme, la montée en puissance de la nouvelle gouvernance marque un tournant décisif. Le projet quitte progressivement la phase conceptuelle.

Eirena Etté

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