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Pêche et aquaculture : 680 000 emplois créés, un levier clé pour l’économie ivoirienne

Mis à jour le 29 décembre 2025
Publié le 29/12/2025 à 4:57 , , , , , , ,

Ils travaillent souvent loin des radars. Sur les plans d’eau, dans les étangs, sur les quais, dans les ateliers de transformation. Pourtant, la pêche et l’aquaculture pèsent désormais lourd dans l’économie ivoirienne.

 

Sur la période 2011–2024, ces activités ont permis la création de 680 000 emplois en Côte d’Ivoire, selon des données officielles publiées fin décembre 2025. Un chiffre qui bouscule les idées reçues.

Un secteur discret, mais massif

Dans le détail, 100 000 emplois sont directement liés à la production, tandis que 580 000 autres gravitent autour de la filière. Une réalité souvent ignorée.

Car derrière chaque poisson vendu, il y a des transporteurs, des mareyeuses, des transformateurs, des commerçants, des fabricants d’intrants, des réparateurs d’équipements. Autant de métiers qui structurent une économie complète.

Une réponse partielle aux défis sociaux

Cette montée en puissance intervient dans un contexte sous tension : croissance démographique rapide, chômage des jeunes, pression sur les importations alimentaires.

Dans ce paysage, les ressources halieutiques apparaissent comme un amortisseur social.

Elles absorbent de la main-d’œuvre, y compris peu qualifiée, tout en générant des revenus sur l’ensemble du territoire.

Produire plus, mais toujours pas assez

Sur le plan des volumes, la tendance est à la hausse. La production nationale est passée d’un peu plus de 55 000 tonnes en 2011 à près de 95 000 tonnes en 2024.

Mais l’écart reste immense. La consommation nationale de poisson dépasse largement les capacités locales.

 En 2023, les besoins ont été estimés à 730 000 tonnes, laissant une large place aux importations. Résultat, le poisson continue de peser sur la facture extérieure du pays.

Structurer plutôt que subir

Face à ce déséquilibre, les autorités misent sur l’organisation de la filière.

Ces dernières années, des initiatives ont vu le jour pour professionnaliser les acteurs, améliorer la qualité des intrants et renforcer la production d’alevins.

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La diffusion massive de souches améliorées et la modernisation de certaines infrastructures visent l’objectif de produire mieux et produire plus, sans épuiser les ressources.

L’aquaculture comme pari économique

C’est dans ce cadre qu’a été lancé un programme dédié à la transformation de l’aquaculture. La cible est de 150 000 tonnes de poissons par an d’ici 2030.

Derrière ce chiffre, il y a une stratégie. Celle d’attirer l’investissement, sécuriser les revenus des producteurs et faire émerger une filière capable de soutenir la demande nationale.

Un secteur à la croisée des enjeux

Emploi, alimentation, balance commerciale. Rarement un secteur concentre autant d’enjeux à la fois.

Sans bruit, la pêche et l’aquaculture s’installent comme un maillon stratégique de l’économie ivoirienne.

Reste désormais à savoir si cette dynamique pourra changer d’échelle, et surtout, durer.

Eirena Etté

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