Dans une atmosphère de ferveur et de recueillement, des milliers de fidèles musulmans se sont rassemblés à l’école Phare de Grand-Bassam pour la grande prière marquant la fin du mois de Ramadan. Hommes, femmes et enfants, vêtus de leurs plus beaux habits, ont célébré l’Aïd el-Fitr dans un esprit de paix, de fraternité et de communion.

Au cœur de cette célébration, le sermon de l’imam Ibrahim Ndiaye a particulièrement retenu l’attention. Dans une adresse empreinte de gravité et d’espoir, le guide religieux a placé la jeunesse au centre de ses préoccupations, la présentant comme « l’avenir de la Côte d’Ivoire et l’espoir de demain ».
Face aux nombreux défis auxquels sont confrontés les jeunes — chômage, pauvreté, drogue, délinquance, influence des mauvaises valeurs et dérives des réseaux sociaux — l’imam a lancé un appel pressant à la responsabilité collective. « Face à ces dangers, notre devoir est clair : éduquer, encadrer et accompagner notre jeunesse », a-t-il déclaré avec insistance.
Pour lui, cette mission commence d’abord au sein de la cellule familiale, socle fondamental de toute éducation. Elle doit ensuite se poursuivre à l’école et se consolider dans les lieux de culte — mosquées, églises et temples — avec l’implication de toute la société. « L’éducation doit transmettre la foi, la connaissance, la discipline, le respect et l’amour du travail », a-t-il souligné.
S’appuyant sur les enseignements du Prophète (paix et salut sur lui), l’imam a rappelé la responsabilité de chaque individu vis-à-vis de ceux qui lui sont confiés. Parents, éducateurs, guides religieux et dirigeants sont ainsi interpellés sur leur rôle dans la formation morale et civique des jeunes générations. « Allah interrogera chaque père et chaque mère sur la manière dont ils ont assumé cette responsabilité », a-t-il averti.
Dans son message, l’imam Ibrahim Ndiaye a insisté sur l’urgence d’un engagement collectif. Car, selon lui, « une jeunesse bien éduquée devient une force de progrès et de développement pour la nation ivoirienne », tandis qu’une jeunesse abandonnée peut être « une source de désordre et de perdition ».
Au-delà du constat, il a invité à faire de cette période post-Ramadan un véritable tournant. « Faisons de cette période un nouveau départ, un engagement collectif pour protéger, former et inspirer notre jeunesse », a-t-il exhorté, rappelant que l’avenir de la Côte d’Ivoire se construit dès aujourd’hui à travers l’éducation et l’encadrement des enfants.
Présentes à la cérémonie, les autorités locales ont salué le bon déroulement du mois de pénitence et encouragé le renforcement de la cohésion sociale.
À l’issue de la prière, les fidèles, visiblement heureux d’avoir accompli le jeûne dans de bonnes conditions, ont échangé des vœux de paix, de santé et de prospérité. Une célébration marquée à la fois par la spiritualité et un appel fort à bâtir une jeunesse responsable, pilier du développement futur du pays.
Tristan SAHI















