Économie

Énergie : la demande mondiale de pétrole pourrait encore bondir de 13 % d’ici 2050

Mis à jour le 13 novembre 2025
Publié le 13/11/2025 à 1:00 , , , , , , ,

Loin du scénario de déclin annoncé, la consommation mondiale d’or noir repart à la hausse. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la planète brûlera encore plus de pétrole dans les 25 prochaines années. Ainsi, la demande mondiale de pétrole pourrait encore bondir de 13 % d’ici 2050.

 

Un avenir pétrolier plus long que prévu

Selon L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime désormais que la demande mondiale de pétrole pourrait grimper de 100 à 113 millions de barils par jour d’ici 2050, soit une hausse de 13 %.

Cette projection, tirée de son nouveau scénario des « politiques actuelles », repose sur une transition énergétique plus lente que prévu : adoption timide des voitures électriques, montée freinée des renouvelables et persistance du gaz naturel comme énergie pivot.

Selon les données de Sika Finance, cette tendance illustre la difficulté des États à concilier croissance économique, sécurité énergétique et baisse des émissions.

Une révision stratégique de l’AIE

Longtemps perçue comme trop optimiste sur le déclin du pétrole, l’AIE revoit donc sa copie.

Son directeur exécutif, Fatih Birol, explique ce changement de cap par les incertitudes économiques et politiques mondiales, mais aussi par le rythme inégal de la transition selon les régions.

« Les transitions énergétiques dépendent des choix politiques, de l’innovation et de l’adhésion des populations », a-t-il souligné.

L’agence assure toutefois que cette révision n’est pas influencée par des pressions extérieures, notamment américaines, malgré une politique énergétique de Washington jugée ambiguë entre soutien aux fossiles et investissement dans le vert.

Des investissements colossaux à prévoir

Pour répondre à la demande, 25 millions de barils par jour devront provenir de nouveaux projets pétroliers, parfois situés dans des zones sous sanctions ou difficiles d’accès.

L’AIE estime que le prix du baril pourrait atteindre 90 dollars d’ici 2035, soit environ 55 000 F CFA, sous l’effet combiné d’une demande soutenue et d’une offre plus contrainte.

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Une telle évolution renforcerait le poids de l’OPEP et des grands producteurs comme l’Arabie saoudite ou les États-Unis. Plusieurs majors pétrolières, dont BP, ont d’ailleurs repoussé leurs prévisions de “pic pétrolier”, misant sur un marché durablement solide.

Un choc pour les ambitions climatiques

Mais ce regain pétrolier a un coût. Si la demande se maintient à ce niveau, la température mondiale pourrait grimper de près de 3°C d’ici 2100.

Il s’agit de l’avertissement de  l’AIE.

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Même dans le scénario plus prudent dit STEPS, où la demande plafonnerait autour de 2030, le réchauffement resterait proche de 2,5°C, bien au-delà de l’objectif de l’Accord de Paris.

Autrement dit, le monde s’éloigne encore un peu plus de la neutralité carbone.

La nouvelle position de l’AIE agit comme un signal d’alarme avant la COP 30, qui s’ouvre cette semaine au Brésil.

Un réalisme brutal

Si les énergies renouvelables progressent, elles ne compensent pas encore le poids du pétrole dans les transports.

Ou encore,  la pétrochimie et l’industrie lourde.

Résultat : l’or noir reste roi, et la transition énergétique s’annonce plus longue, plus chère et plus incertaine qu’espéré.

Eirena Etté

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