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Un premier vaccin anti-Ebola validé par l’OMS

Mis à jour le 14 novembre 2019
Publié le 14/11/2019 à 4:27 , , ,

Ervebo, c’est le nom du premier vaccin autorisé ce mardi 12 novembre par l’OMS contre Ebola. Pré-qualifié en octobre 2018 par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et répondant aux normes de sécurité et d’efficacité de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Ervebo est le premier vaccin contre Ebola à obtenir cette approbation et le plus rapide jamais mené par l’OMS.

L’épidémie débute fin 2013 en Afrique de l’Ouest, au sud-est de la Guinée avant de s’étendre à l’Afrique centrale puis à l’Europe et aux États-Unis. C’est alors la première fois que ce virus, découvert en 1976, sans traitement connu, se propage hors du continent africain. En 2014, l’OMS qualifie l’épidémie d’« urgence de santé publique de portée mondiale ». Pour plusieurs chefs d’État occidentaux, l’épidémie représente « la plus grave urgence sanitaire de ces dernières années ».

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C’est à Gueckédou, village situé au sud-est de la Guinée que le virus réapparaît pour la première fois, tuant un petit garçon de 2 ans en quelques jours à peine. Il se propage rapidement dans le pays, puis en Afrique centrale au Libéria, en Sierra Leone et au Nigéria, avant de toucher l’Occident. Bilan : 28 000 cas au moins recensés pour plus de 11 000 décès et plus de 10 000 survivants avec séquelles. Sans traitement connu et en raison de sa vitesse de propagation, Ebola devient l’un des virus les plus meurtriers et une « urgence de santé publique de portée mondiale » selon l’Organisation mondiale de la santé. L’espoir de vaincre l’épidémie renaît avec Ervebo (son nom commercial), vaccin fabriqué par le laboratoire américain Merck Sharpe and Dohme. Le 18 octobre, l’Agence européenne du médicament (EMA) avait déjà accordé son feu vert après que le vaccin ait répondu aux normes de l’ONU en matière de sécurité et d’efficacité. C’est le premier vaccin contre Ebola à obtenir cette approbation.

Il s’agit en réalité du deuxième vaccin contre le virus Ebola. Un premier vaccin était testé en République Démocratique du Congo où 2 190 morts ont été recensés pour 3 290 cas. Depuis le début de l‘épidémie, plus de près de 250.000 personnes ont été vaccinées, dont 60.000 professionnels de santé selon l’OMS.

Dans la ville de Goma, à l’Est de la RDC, ce vaccin, produit par Janssen Pharmaceutical « ciblera 50 personnes sur une période de quatre mois », a indiqué Médecins Sans Frontières, en charge de la mise en place de son utilisation dans deux des centres de la ville.

L’arrivée d’Ebola à Goma, avec 4 cas détectés, représente une nouvelle étape dans la propagation de l’épidémie : c’est une immense ville de plus d’un million d’habitants et un carrefour commercial de la sous-région avec un aéroport desservant Kinshasa. Les autorités congolaises, conscientes de l’enjeu, avaient déjà permis la vaccination de 250.000 personnes depuis août 2018 et ont autorisé l’utilisation d’Ervebo à Goma ce jeudi 14 novembre.

La mise au point du premier vaccin avait été un début en réponse à cette terrible épidémie au cours de laquelle l’OMS avait été vivement critiquée par les ONG pour n’avoir pas mesuré l’ampleur de la crise avant qu’elle n’explose. Avec Ervebo, l’institution sanitaire réplique ; ce vaccin surpasse même son prédécesseur puisque là où ce dernier nécessitait un rappel 56 jours après la première injection, une injection unique suffira avec Ervebo pour protéger les populations exposées et limiter la transmission interhumaine du virus qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts en Afrique de l’Ouest.

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Désormais, les différentes agences de l’ONU et l’Alliance pour la vaccination Gavi, peuvent se procurer le vaccin pour les pays à risque. “Il y a cinq ans, nous n’avions ni vaccin ni traitements thérapeutiques contre Ebola (..) Il s’agit d’une étape historique pour garantir que les personnes qui en ont le plus besoin puissent avoir accès à ce vaccin qui sauve des vies » a déclaré le Directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Pour immuniser le plus de personnes possible, la méthode de la « vaccination en anneau » sera privilégiée. C’est une stratégie consistant à vacciner toute personne ayant clairement été en contact avec un malade. S’ajoute à cela les personnes ayant été en contact avec les proches d’un malade. « Cette méthode privilégie les contacts sociaux plutôt qu’une zone géographique car une fois que les premiers symptômes se sont déclarés, le virus Ebola se propage d’un humain à l’autre à vitesse grand V » explique Julie KERN, rédactrice scientifique pour Futura Sciences.

Pour rappel, le virus Ebola est un filoviridae (famille qui compte aussi parmi ses rangs les virus de la rougeole et des oreillons) particulièrement virulent. Les premiers symptômes sont anodins, retardant le diagnostic de la maladie : fatigue, maux de tête et de gorge. L’état du malade empire progressivement, allant des plaies cutanées très contagieuses à la fièvre hémorragique mortelle.

Dès l’apparition des premiers signes, un malade atteint du virus Ebola peut le transmettre à un autre être humain par contact étroit avec des fluides corporels ou avec des surfaces et tissus contaminés.

50% des infectés décèdent des suites de la maladie.

Manuela Pokossy COULIBALY

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