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Titanic-Trump termine dans la honte / Philippe Di Nacera

Mis à jour le 11 janvier 2021
Publié le 07/01/2021 à 10:05 , ,

C’est vieux comme le monde, quand on allume une mèche, le feu prend.
Quand la mèche est allumée par des responsables politiques pour des raisons partisanes ou personnelles, les conséquences sont souvent dangereuses (l’Afrique en a malheureusement donné de nombreux exemples).
Mais quand la mèche est allumée par un Président des États-Unis, le monde croit halluciner.

Les événements du mercredi 6 janvier 2021 à Washington (l’envahissement du Capitole par des partisans de Donald Trump pour empêcher le Congrès américain de certifier l’élection de Joe Biden à la présidence) sont à la fois totalement inédits et d’une extrême gravité.

Il n’y a qu’un seul responsable à cette situation ubuesque : Donald Trump. Il est la cause immédiate et la cause profonde de cette attaque contre la démocratie américaine.

Cause immédiate : en convoquant un meeting hier à une encablure du Congrès le jour de la confirmation du scrutin présidentiel ; en tenant des propos d’une extrême violence, refusant toujours le résultat (« Nous avons largement gagné, on nous vole cette élection ») et en jetant littéralement ses partisans à l’assaut du Capitole, siège sur Congrès américains, Donald Trump a allumé la mèche.

Cause profonde, qui a fait dire à Barack Obama « On ne regarderait pas la vérité en face si on considérait cet événement comme une surprise totale », le comportement depuis 4 ans du Président-menteur, qui n’a fait que diviser les Américains, exacerber les haines et les peurs de l’Amérique blanche et déclassée, remettre en cause le fonctionnement de la démocratie américaine en inventant des fraudes inexistantes à l’élection présidentielle, Donald Trump a préparé les flammèches.

Ses plus proches collaborateurs, qui ne veulent pas sombrer avec le Titanic ou pour qui la dernière limite de leur soutien a été atteinte le 6 janvier, ont lâché cette nuit-là leur patron qui seul, continue dans le dénie : les parlementaires Républicains, même ceux qui, jusqu’à hier, comptaient contester la certification de l’élection ; le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, qui fut l’un des plus farouches partisans du président Trump ; le Vice-Président américain lui-même, Mike Pence, qui a décidé, en tant que Président du Congrès, de tourner le dos à son binôme en refusant d’empêcher la validation de l’élection.

« Qui sème le vent récolte la tempête », dit le dicton. L’histoire n’oubliera malheureusement pas cette présidence Trump, celle du bruit, de la fureur et du chaos. Elle restera comme une parenthèse désenchantée de l’histoire du pays. Le contre-exemple absolu pour tous les présidents à venir.

Hier, Donald Trump, qui représente 48 % de l’électorat américain et un véritable courant de la société, a grillé ses chances d’être à nouveau le candidat des Républicains dans 4 ans. Ceux-ci feront tout pour se trouver une nouvelle tête d’affiche.

Sur le plan judiciaire, la liste déjà longue des incriminations qu’au moins deux procureurs gardent sous le coude en attendant la fin du mandat de Trump, pourrait s’allonger à la suite des événements d’hier soir. Le règlement de comptes s’ajoutant à la honte, la note risque d’être salée pour le futur-ex-Président.

Sur un plan plus général, sachons tirer les enseignements qui conviennent : la démocratie est un bien rare et plus difficile à bâtir, à maintenir, qu’à détruire. Qui aurait cru que dans ce temple de la démocratie que sont les États-Unis d’Amérique puisse prendre place une tentative de coup d’Etat ?

Jouer avec les peuples et les peurs pour des raisons partisanes a toujours des conséquences.

Philippe Di Nacera

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