Économie

Secteur minier : la Côte d’Ivoire, nouvelle puissance aurifère en Afrique

Mis à jour le 15 septembre 2025
Publié le 15/09/2025 à 12:19 , , ,

La Côte d’Ivoire s’impose désormais comme une destination incontournable pour les investisseurs miniers. Consacrée meilleure destination mondiale pour l’édification d’exploitations aurifères lors de la conférence Africa Down Under tenue du 3 au 5 septembre 2025 à Perth, en Australie.

Huitième producteur d’or en Afrique et 22e au niveau mondial en 2023, la Côte d’Ivoire franchit une étape décisive. 

En seulement trois ans, le bassin sédimentaire ivoirien a révélé deux découvertes majeures : Baleine et Calao, ouvrant une nouvelle ère pour l’industrie extractive nationale. À cela s’ajoute la mise en production de la mine Koné, considérée comme l’un des plus grands gisements aurifères d’Afrique de l’Ouest, dont l’exploitation par Montage Gold a démarré fin 2024.

Cette dynamique fait de la Côte d’Ivoire un acteur clé dans le top 10 des producteurs d’or africains et un challenger sérieux pour les mastodontes du continent.

 

Des atouts salués par les investisseurs internationaux

Au cours d’un panel animé à Perth, plusieurs dirigeants australiens ont vanté les mérites de la destination ivoirienne.

Pour Justin Tremain, PDG de Turaco Gold, « il n’existe pas de meilleur endroit au monde pour construire une mine d’or » en dehors de la Côte d’Ivoire.

Jacob Ricciardone (Perseus Mining) et Caigen Wang (Aurum Resources) ont mis en avant la stabilité politique, la clarté du cadre légal, la rapidité des procédures et la vision stratégique des autorités.

Adam Oehlman, dirigeant d’African Gold, a pour sa part souligné la rapidité des découvertes, citant l’exemple du projet de Didiévi, où près d’un million d’onces ont été identifiées en moins d’un an.

 

Des résultats impressionnants

La Côte d’Ivoire récolte les fruits d’une politique minière ambitieuse. La production aurifère a triplé en dix ans, passant de 18 à 58 tonnes entre 2014 et 2024.

Selon le FMI, le secteur minier contribuera à près de 14 % de la croissance économique prévue à 6 % en 2025.

Le nombre de permis de recherche est passé de 120 en 2012 à 189 en 2024.

En plus de l’or, le pays a multiplié par dix sa production de manganèse et s’intéresse désormais à des minerais stratégiques comme le lithium, les terres rares ou encore le graphite.

Ces performances s’appuient sur la richesse des formations géologiques birimiennes, qui représentent 35 % du potentiel d’Afrique de l’Ouest, et abritent plus d’une cinquantaine de ressources minérales.

 

Une gouvernance en mutation

Conscient de la nécessité de concilier attractivité et redistribution équitable, le gouvernement a récemment relevé de deux points le taux de la redevance minière et engagé une révision du Code minier. Les autorités ont également renforcé les mécanismes de transparence et de gouvernance.

Pour Seydou Coulibaly, directeur général des Mines et de la Géologie, l’enjeu est clair : « accroître la production, diversifier les ressources et créer une valeur durable au bénéfice de tous ».

L’Afrique dans le boom minier mondial

Le dynamisme ivoirien s’inscrit dans un contexte global marqué par un essor minier sans précédent depuis les années 2000. Si l’Afrique ne capte encore que 14 % des investissements directs étrangers du secteur, le continent joue un rôle central dans l’approvisionnement mondial en or, cuivre, cobalt, bauxite, fer et, plus récemment, en minerais stratégiques.

Tristan E. SAHI

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