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Relations Afrique-France, “La Grande repentance“ du journaliste François-Xavier Freland

Mis à jour le 20 mai 2026
Publié le 20/05/2026 à 12:38 , , , ,

Dans un entretien à 7info, qui s’apparente à une confession, le journaliste François-Xavier Freland, ancien journaliste de RFI, France 24, TV5 parle des relations Afrique-France. Il dresse un bilan critique et personnel des rapports entre ces deux parties, notamment celles qui lient la France et le Mali.

 

L’ex-collaborateur des rédactions de RFI, France 24, TV5, dénonce certains récits produits depuis les studios.

Il accuse les médias français d’être responsables de la perte de l’influence française en Afrique.

« Ce que je développe beaucoup dans mon livre qui vient de sortir, c’est qu’en fait la France a perdu cette influence.

Cela notamment à cause d’elle-même, à cause principalement de ses médias, que je critique un petit peu », a-t-il déclaré.

Selon son expérience, dans des villes comme Gao ou plus au nord du Mali, les troupes hexagonales étaient bien vu.

Car elles ont protégé les populations contre certaines rivalités tribales.

« Les Français étaient considérés comme des militaires qui protégeaient les populations », a-t-il soutenu.

François-Xavier Freland soutient cependant que les élites maliennes sont responsables de la situation actuelle.

« Si le Mali en est là où il en est aujourd’hui, c’est d’abord à cause de lui‑même », explique-t-il.

Et d’insister sur la responsabilité des élites et des rivalités ethniques, tentant d’imposer une hégémonie depuis Bamako, la capitale sur les autres régions. Chose qui a fragilisé l’État.

Pour lui, c’est la narration dominante depuis la capitale malienne qui a parfois « fantasmé“ sur un grand Mali uniforme.

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Cela au mépris des réalités ethniques et régionales, qui ont creusé des fossés exploités par des groupes armés.

Le journaliste François-Xavier Freland déplore le fait que le président Emmanuel Macron se soit entouré d’Achille Mbembe, un intellectuel antifrançais.

Ce témoignage invite à réfléchir à deux niveaux complémentaires.

D’une part, à la manière dont les médias et les intellectuels construisent des récits susceptibles de polariser l’opinion et d’influer sur les décisions politiques.

D’autre part, à la nécessité d’appréhender la complexité des terrains africains, où les perceptions de l’action française varient fortement selon les lieux et les communautés.

Il rappelle aussi que la mémoire commune contient des éléments de douleur et des éléments de lien, parfois oubliés dans le flux médiatique.

Ces analyses, le journaliste français les fait dans un contexte où le président Emmanuel Macron donne une redéfinition des relations entre son pays et l’Afrique.

Lesquelles relations dit-il, sont plus qu’avant complémentaires, respectueuses des droits et fraternelles.

C’était à Nairobi lors du sommet Africa Forward 2026 qui réunissait plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement africains.

Arnaud Houssou

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