Politique

Présidentielle de 2020, Alassane Ouattara cherche des prétextes selon des observateurs

Mis à jour le 2 décembre 2019
Publié le 02/12/2019 à 2:55 , , , , ,

Il entretient toujours le doute sur sa participation ou non à la présidentielle de 2020. Mais, pour des acteurs la classe politique nationale qui se réfèrent à la déclaration de Katiola, le président Alassane Ouattara caresse bien le désir de rempiler. Aussi cherche-t-il des prétextes pour justifier sa candidature à la présidentielle de 2020.

« Il ne sera pas candidat parce qu’il a un projet pour la Côte d’Ivoire, mais juste en réaction à d’autres. Il a l’intention d’être candidat et se cherche juste des prétextes », commente Stéphane Kipré, le président de l’Union des nouvelles générations (UNG), dans un tweet sur son compte le samedi 30 novembre. Il réagit ainsi aux propos tenus par le président ivoirien Alassane Ouattara dans la région du Hambol.

A l’occasion du meeting de clôture de la visite d’Etat qu’il animait dans cette région samedi 30 novembre dernier, Alassane Ouattara indiquait son intention de passer la main à une nouvelle génération. Toutefois, fait savoir le chef de l’Etat ivoirien, « Je veux que tous ceux de ma génération comprennent que notre temps est passé. Et que nous devons tous nous mettre de côté. Alors si eux décident d’être candidats, je serai candidat ! ».

Mamadou Traoré est un proche de l’ex-président de l’ancien de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro. « vouloir conditionner sa candidature à celle de quelqu’un d’autre est pour moi un manque de responsabilité », dit-il.

« Je trouve que cette intervention du Chef de l’État n’est pas conforme à la constitution et aux engagements qu’il a pris. D’abord, contrairement à ce qu’il dit, la constitution ne lui permet pas de faire un autre mandat. Ensuite, vouloir conditionner sa candidature à celle de quelqu’un d’autre est pour moi un manque de responsabilité. Car quand on est Chef d’État, on doit être guidé par la responsabilité de ses discours et de ses actes. Subordonner ses actes à ceux de quelqu’un qui n’est pas Chef d’État est à mon avis un manque de responsabilité. Et cela n’est pas fait pour rassurer les ivoiriens », commente-il pour 7info.ci qui l’a joint.

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La participation à l’élection présidentielle de 2020 en tant que candidat était un sujet auquel le chef de l’Etat ivoirien avait plusieurs fois répondu par la négative. Mi-janvier 2016, à Guiglo dans l’Ouest ivoirien où il prenait part en compagnie de l’ex-présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf, à la deuxième réunion du Conseil conjoint des chefs coutumiers et des anciens (CCCA) des régions frontalières ivoiro-libériennes, Alassane Ouattara avait fait mention de son désintérêt pour un mandat supplémentaire. Le 5 janvier 2017, a l’occasion de la présentation des vœux de nouvel an, Alassane Ouattara avait lui-même également affirmé qu’il entendait quitter le pouvoir à la fin de ces deux mandats. « A l’occasion de mes 75 ans, ceci m’amène à réaffirmer que les institutions de la République qui seront mises en place très prochainement me permettront de prendre congé en 2020 », avait-il soutenu.

Pour le Front Populaire Ivoirien (FPI),  le débat sur une troisième candidature du président ivoirien est tranché par la Constitution du pays. « Pour le FPI et dans la droite ligne des affirmations des experts juridiques commis par le Chef de l’Etat lui-même pour rédiger la constitution de 2016, il n’est pas éligible à un 3ème mandat. C’est à ce niveau que se situe le problème et non au niveau de la candidature d’une tierce personne qui pourrait justifier la sienne », analyse pour 7info.ci Jean Bonin Kouadio, le Secrétaire Général adjoint du FPI chargé de la Communication.

Richard Yasseu

7info.ci  

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