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Pomme de cajou et amandes, les grands défis de valorisation d’une filière encore sous-exploitée

Mis à jour le 2 décembre 2025
Publié le 02/12/2025 à 4:59 , , , , , ,

Bien que la Côte d’Ivoire soit le premier producteur mondial de noix de cajou, de grands défis persistent dans la valorisation des sous-produits de la filière. Il s’agit notamment de la pomme de cajou et de l’amande.

Ces enjeux étaient au centre des discussions de l’atelier national de co-création du PDTA 2. La rencontre visait à moderniser et structurer la filière à l’horizon 2030 qui se tient du 1er au 2 novembre 2025 à Abidjan.

La transformation de la pomme de cajou est quasi inexistante dans le pays. Pourtant, ce fruit offre plusieurs opportunités.

Ce sont entre autres la production de jus, de boissons alcoolisées, de vinaigre, de confitures et même de produits cosmétiques.

Chaque année, 70 % de ce produit est jeté, faute d’unités de transformation, de technologies adaptées et de circuits de collecte efficaces.

Pour Emmanuel Tra Bi, directeur général de l’industrie, le manque d’innovations technologiques explique cette situation.

« La Côte d’Ivoire ne dispose pas encore de toutes les innovations nécessaires pour développer pleinement la transformation locale de l’anacarde », souligne-t-il.

Concernant l’amande de cajou, les progrès réalisés restent encore en deçà du potentiel réel.

Les exportations sont certes passées d’environ 8 000 tonnes en 2016 à 72 000 tonnes en 2024, mais la Côte d’Ivoire peine à s’imposer parmi les leaders mondiaux de l’exportation d’amandes transformées.

Les standards de qualité varient d’une usine à une autre. Les industries d’usinage manquent encore de capacités suffisantes, et les technologies de décorticage demeurent coûteuses et peu accessibles aux PME locales.

Dr Malan Michel, conseiller technique au ministère de l’industrie et du commerce, a souligné l’importance stratégique de la transformation.

« La transformation locale de l’anacarde n’est pas uniquement un choix économique. Elle constitue un impératif de souveraineté et de résilience pour nos économies », dit-il.

Un autre défi réside dans la domination du marché de l’exportation de noix brutes par quatre multinationales qui détiennent à elles seules près de 50 % des parts.

Cette domination limite la montée en puissance des entreprises locales, renforce la dépendance aux exportateurs étrangers et réduit la capacité du pays à capter sa propre valeur ajoutée.

Les participants à l’atelier ont souligné la nécessité de rééquilibrer la chaîne de valeur afin de renforcer la compétitivité des acteurs ivoiriens.

Les recommandations issues des travaux appellent à un développement intensif de la transformation de la pomme de cajou à travers la création d’unités régionales, d’unités mobiles et de mécanismes d’incitation pour les investisseurs locaux et internationaux.

Elles préconisent également le renforcement de la transformation de l’amande grâce à des technologies modernes, la mise en place de normes qualité strictes, la création de mécanismes de financement adaptés aux PME, et l’amélioration de la gouvernance et de la coordination entre les acteurs publics et privés.

La formation et l’innovation technologique figurent également parmi les priorités stratégiques.

L’ambition affichée est de bâtir une filière entièrement valorisée, allant de la noix brute à la pomme de cajou, en passant par l’amande, afin de générer davantage d’emplois, de revenus et de valeur ajoutée pour le pays.

« Il nous revient collectivement de bâtir une filière complète, innovante, inclusive et capable de générer davantage de valeur ajoutée », a conclu Dr Malan Michel.

La valorisation des sous-produits apparaît désormais comme une étape indispensable pour faire de la Côte d’Ivoire un véritable leader mondial de la transformation.

Tristan Sahi 

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