En Côte d’Ivoire, les produits de la pêche et de l’aquaculture constituent la première source de protéines animales. La consommation moyenne est supérieure à 20 kg par habitant et par an. Pourtant dans ce secteur dont les besoins sont immenses, la production nationale est insuffisante.
Le besoin annuel est estimé à 650 000 tonnes. Mais dans ce secteur, la production nationale avoisine seulement 110 000 tonnes.
Et moins de 10 000 tonnes de ce chiffre provenait de l’aquaculture en 2024. Résultat, un déficit structurel de plus de 80 %.
Mais aussi une dépendance massive aux importations de poissons congelés. Ce qui représente environ 400 milliards FCFA par an. Autrement dit, ce déséquilibre est une opportunité d’investissement.
Une demande supérieure à l’offre
Le déficit de production crée un marché quasi assuré pour tout investisseur sérieux. La consommation locale étant forte et constante, les produits aquacoles trouvent facilement preneur.
Contrairement à d’autres secteurs exposés à la volatilité internationale, l’aquaculture ivoirienne répond d’abord à une demande intérieure solide et durable.
Réduction des importations, priorité nationale
Chaque tonne produite localement remplace une importation. L’État encourage donc fortement les initiatives privées capables de contribuer à la réduction de la facture extérieure.
Le ministre Sidi Tiémoko Touré l’a rappelé.
« Face au déficit de production interne, le secteur de la pêche requiert un engagement accru des initiatives privées », dit-il.
Cela signifie un alignement stratégique entre les intérêts des investisseurs et la vision gouvernementale.
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Des niches d’investissement sur toute la chaîne de valeur
L’aquaculture ne se limite pas à l’élevage de poissons. Les opportunités couvrent plusieurs sous-secteurs.
Ce sont entre autres l’écloseries privées (production d’alevins), et la provenderies locales (fabrication d’aliments).
D’autres secteurs connexes existent dans cette filière. Ce sont la transformation à savoir le fumage, la congélation, le filetage et la conserverie.
Un cadre institutionnel structurant et rassurant
Il y a des atouts naturels favorables à une production compétitive. La Côte d’Ivoire dispose d’un environnement propice au développement aquacole.
Le pays dispose de 550 km de façade maritime, 150 000 hectares de lagunes, 350 000 hectares de lacs, quatre grands fleuves.
Et également des conditions climatiques favorables toute l’année. Ces ressources permettent le développement de systèmes variés.
Ce sont les étangs traditionnels, les cages flottantes en lagune, les bassins hors-sol intensifs, l’élevage en barrage.
Le pays compte déjà plus de 1 000 fermes piscicoles et plusieurs écloseries publiques.
Elles produisent du tilapia, du mâchoiron africain, de la carpe rouge, du capitaine, du mulet ainsi que des crustacés et mollusques.
Tristan Sahi















