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Convention 190 de l’OIT, 5 centrales syndicales ivoiriennes disent non à la violence au travail

Mis à jour le 24 juillet 2025
Publié le 24/07/2025 à 4:59 , ,

« Ensemble, faisons un mouvement commun pour la ratification de la convention C190 ». Le message est du secrétaire général de la centrale HUMANISME, Soro Mamadou. Il marque le ton ce jeudi 24 juillet 2025, à Abidjan. 

Cinq organisations syndicales ivoiriennes lèvent la voix pour réclamer l’adhésion du pays à un texte sur le milieu du travail.

Il s’agit de la convention 190 de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Cette convention lutte contre la violence et le harcèlement dans le monde professionnel.

Une demande collective portée par cinq grandes centrales

Ces cinq organisations sont l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI), la Confédération DIGNITÉ, la FESACI-CG, l’UNATRCI et HUMANISME.

Elles étaient réunies ce jeudi 24 juillet 2025 au siège de la centrale HUMANISME, dans la commune d’Adjamé.

À ce rendez-vous, ces centrales ont livré une déclaration commune devant la presse.

Elles plaident pour que la Côte d’Ivoire rejoigne les pays qui ont ratifié ce texte adopté en 2019 à Genève, lors du centenaire de l’OIT.

Une convention contre les abus, pour la dignité

La convention C190 est la première à fixer un cadre légal contraignant contre la violence et le harcèlement au travail.

Elle protège tous les travailleurs, avec une attention particulière pour les femmes et les jeunes, souvent les plus exposés.

En la ratifiant, selon les syndicats, la Côte d’Ivoire enverrait un signal fort de justice sociale et de respect des droits humains.

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« Ce serait un acte moral, un levier social. Notre pays a déjà ratifié 45 conventions de l’OIT.

Il est temps de franchir ce pas », souligne Soro Mamadou.

Pour les centrales, cette ratification permettrait de renforcer le dialogue social, d’assainir le climat de travail et de promouvoir l’égalité des chances.

Travailler sans peur, ni pression

Les centrales pointent les violences encore trop fréquentes, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles, aussi bien dans les entreprises formelles que dans le secteur informel.

Elles rappellent que de telles pratiques détériorent non seulement la santé mentale des travailleurs, mais freinent aussi la productivité et la cohésion sociale.

Un environnement professionnel sûr et respectueux, affirment-elles, encourage l’implication, réduit le stress, et favorise une croissance économique plus saine.

« C’est un instrument de développement autant qu’un rempart contre les abus », ont-elles martelé.

Appel à une mobilisation nationale

Les syndicats n’entendent pas porter seuls ce combat.

Ils sollicitent le soutien du patronat, notamment la CGECI et la FIPME, ainsi que l’accompagnement des médias.

Le but est de bâtir un consensus autour d’une feuille de route nationale pour faire de la ratification une réalité concrète et applicable.

Au cœur de leur message, une certitude : la dignité au travail n’est pas négociable. Et face aux violences, le silence n’est plus une option.

Eirena Etté

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