Société

Mariage et inhumation se passent à Man comme avant l’avènement du coronavirus

Mis à jour le 23 mars 2020
Publié le 23/03/2020 à 3:33 , , , ,

C’est avec amertume que 7info dans sa ronde fait le constat amer de la non mise en application des mesures gouvernementales en vue de freiner la propagation de la maladie à Coronavirus. 

Le samedi 21 mars, dans la nuit, les hommes du préfet de police le Commissaire divisionnaire Ouattara Dongui Brahima prennent d’assaut les points chauds de la ville. De Doyagouiné à Grand-Gbapleu en passant par le quartier commerce et la Sari, ce sont des hommes en armes étonnés de voir que les mesures gouvernementales ne sont pas respectées.

<<Nous sommes sortis conformément aux injonctions de la hiérarchie afin de voir si les mesures arrêtées sont respectées. Mais c’est avec beaucoup de peine que nous constatons le contraire. Nous avons vu des maquis et bars bondés de monde. Le pire, dans un bar où nous sommes passés, nous avons vu des gamins en nombre impressionnant fêter l’anniversaire de l’un d’entre eux. Nous avons été obligés de chasser tous ces réfractaires et donner des instructions fermes aux responsables de ces lieux qui risquent de les voir fermer si cela continue>>, explique le Commissaire divisionnaire Ouattara Dongui Brahima.

A lire aussi: CORONAVIRUS – SUIVEZ L’EVOLUTION EN TEMPS REEL DU COVID-19 EN AFRIQUE

Il précise que pour le moment certains lieux peuvent être tolérés. Un autre lieu, même décor. Le dimanche 22 mars, au quartier Doyagouiné toit rouge, un mariage malinké est en cours de célébration. La ruelle qui passe devant la cour du marié est barrée. Une bâche et des chaises sont installées. Des centaines de personnes sont présentes. Les tam-tams, les grelots et les castagnettes tonnent à flots. Ça chante et danse dans un brouhaha fou. Les règles d’hygiène telles que recommandées par les services médicaux encore moins les mesures gouvernementales ne sont point de mise. L’heure est à l’insouciance et à la réjouissance.

<<Nous on s’en fout de leur maladie bête là. Nous nous amusons comme par le passé. Nous n’allons avoir cette maladie ici chez nous>>, nous lance un jeune visiblement sous l’effet d’alcool frelaté. Ce lundi 23 mars, nous continuons notre ronde pour voir comment la reprise au niveau des services se fait. Des travailleurs du privé et public, sont tous dans la tendance de protection contre la maladie. Des bavettes, des tubes de gels alcoolisés et souvent des gants sont visibles sur la plupart de ceux que nous rencontrons. Des dispositifs de lavage des mains sont installés devant les bureaux administratifs et les locaux des ONG visités. Toutefois, c’est avec stupéfaction que nous tombons sur un cortège de plusieurs dizaines de motos et de véhicules en direction du cimetière municipal pour un enterrement.

Un jeune homme s’en plaint. <<Lors d’une rencontre à la préfecture la semaine dernière, le préfet avait fait cas de cela. Il a été demandé à nos parents dioula et musulmans de faire les inhumations avec un nombre de personnes n’excédant pas cinquante. Mais force est de constater que ces gens n’ont aucune considération pour les autorités. Ils ne prennent pas cette maladie au sérieux. Si les autorités continuent leur laxisme, nous allons assister au pire dans ce pays>>, s’inquiète un jeune qui travaille dans l’humanitaire.  Les marchés que nous avons visités, grouillent toujours de monde dans le non respect des règles et mesures gouvernementales. Dans la foulée, il est annoncé que le chef de l’Etat s’adressera à la nation ce soir à 20 heures.

(Photo d’archives)

Olivier Dan Correspondant Ouest

7info.ci

7info.ci_logo

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter 7info

L’INFO, VU DE CÔTE D’IVOIRE