Julius Maada Bio est le nouveau président de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ses pairs l’ont élu le dimanche 22 juin 2025.
La désignation du président Julius Maada Bio a eu lieu à Abuja, au Nigeria, pendant le sommet ordinaire des dirigeants de la CEDEAO.
Une élection dans un contexte tendu
L’élection du président de la CEDEAO s’inscrit dans le cadre de la présidence tournante de cette organisation régionale
La CEDEAO est née en 1975. Sa mission est entre autres de favoriser l’intégration économique, la solidarité et la paix dans la sous-région.
Mais depuis quelques années, l’organisation traverse une période trouble.
Le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger, qui ont fondé leur propre bloc – l’Alliance des États du Sahel (AES) – a fait passer le nombre de ses membres de 15 à 12.
L’élection de Julius Maada Bio intervient aussi dans un contexte de menaces sécuritaires persistantes avec le terrorisme.
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Pour organiser le vote, les chefs d’État membres se réunissent à huis clos et désignent l’un des leurs.
La tradition voulait une alternance entre présidents francophones, anglophones et lusophones.
Cette fois, la règle n’a pas été respectée. Maada Bio succède à un autre anglophone, le Nigérian Bola Ahmed Tinubu.
Un militaire devenu président civil
Julius Maada Bio, né le 12 mai 1964 dans le village de Tihun, dans le sud-ouest de la Sierra Leone, a grandi sous la responsabilité de sa mère après avoir perdu son père à l’âge de quatre ans.
Formé à l’Académie militaire, il entre dans l’armée à 22 ans.
En 1992, le nouveau président participe à un coup d’État militaire.
Il devient chef de l’État brièvement en 1996, après avoir lui-même évincé le président Strasser. Mais plus tard, il remet le pouvoir à un civil.
L’ancien militaire s’excusera plus tard pour son rôle dans la junte. Il se retire de l’armée et part étudier aux États-Unis.
Candidat du Parti du peuple de la Sierra Leone (SLPP), Julius Maada Bio revient à la tête du pays après des élections en 2018.
Ramener l’unité, une priorité
« Notre région est à la croisée des chemins », a déclaré Julius Maada Bio après sa désignation à la tête de la CEDEAO.
À travers ce mandat, le sierra-léonais promet de faire de l’ordre constitutionnel, de la sécurité et de l’intégration économique ses priorités.
L’un de ses chantiers les plus urgents sera de gérer la procédure de retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Le sommet désigne un négociateur, soutenu par trois ministres, pour accompagner cette séparation.
La sortie officielle des trois pays est programmée pour fin juillet 2025.
Un autre défi de taille subsiste également. C’est celui de relancer la coopération sécuritaire dans une sous-région frappée par les attaques terroristes, des frontières du Nigeria au nord du Burkina Faso.
La CEDEAO parle depuis longtemps d’une « force d’attente ». Le nouveau président est attendu sur la concrétisation.
Eirena Etté














