Côte d’Ivoire : Le chanteur Debordo Leekunfa passe sa première nuit en prison

Mis à jour le 14 novembre 2025
Publié le 14/11/2025 à 10:44 , , , , , , ,

L’artiste ivoirien Debordo Leekunfa a passé sa première nuit à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), où il a été déféré après une audience devant le procureur le 13 novembre. Visé par plusieurs plaintes, le chanteur du célèbre titre “Djénéba Djaba” se retrouve au cœur d’une nouvelle affaire judiciaire.

Une confrontation, puis un mandat de dépôt

Interpellé une première fois le 7 novembre à l’aéroport d’Abidjan, à son retour de France, Debordo Leekunfa, de son vrai nom Patrick Tanguy Digbeu Sery, a finalement été placé en détention après une confrontation à trois le 12 novembre. Cette rencontre impliquait l’artiste Kerozen, le promoteur de spectacles Nama Bouaké, ainsi que Debordo lui-même, et s’est tenue quelques heures seulement après le passage de ce dernier sur une chaîne de télévision.

À l’issue de cette comparution devant le parquet, jeudi 13 novembre, le chanteur a été placé sous mandat de dépôt et transféré à l’ancienne MACA, à Yopougon, la plus grande prison du pays.

Accusations de diffamation contre Kerozen 

L’une des plaintes émane de l’artiste Kerozen, qui reproche à Debordo d’avoir tenu des propos jugés diffamatoires. Dans une émission télévisée, Debordo avait insinué que son confrère détenait des armes à son domicile. Ces déclarations, devenues virales sur les réseaux sociaux, ont poussé Kerozen à saisir la justice pour atteinte à son honneur et à sa réputation.

 

Face à la polémique, Debordo a tenté d’apaiser les tensions en expliquant que ses propos avaient été mal compris :

 

« Les gens ont sorti mes propos de leur contexte. Quand j’ai dit “Kerozen a des armes”, je parlais de musique. Moi, mon arme, c’est la chanson. Kerozen, lui, a des armes de destruction massive… musicale », a-t-il déclaré avec humour, assurant que l’artiste demeure son « frère ».

 

Plainte de Nama Bouaké pour non-respect de contrat

Le promoteur Nama Bouaké a, de son côté, porté plainte auprès de la PLCC et de la police criminelle. Il reproche à Debordo l’annulation unilatérale du concert prévu le 4 novembre dernier au Casino de Paris, dont il était l’organisateur. Cette rupture de contrat constitue une deuxième plainte majeure dans le dossier.

 

Une affaire qui divise les internautes

Sur les réseaux sociaux, les réactions affluent et la communauté artistique se retrouve polarisée entre pro-Debordo et fans de Kerozen. Plusieurs commentaires reflètent la tension autour de l’affaire.

La page Investir en Côte d’Ivoire a notamment réagi : « À un moment donné, Debordo devra faire un tour à la MACA pour se reposer un peu ! On ne plaisante pas avec ces choses-là. Si c’est une affaire d’argent, pas de souci, on peut gérer. S’il t’a insulté aussi, on peut gérer. Mais dire devant toute la Côte d’Ivoire que tu détiens des choses graves, c’est clairement vouloir te créer de sérieux problèmes. Quelqu’un qui affirme que tu gardes des armes chez toi, c’est qu’il cherche à t’attirer des ennuis avec l’État surtout en période électorale ! »”, avait commenté la page meta  Investir en Côte d’Ivoire. 

À l’inverse, certains internautes prennent la défense de Debordo : « Si Kerozen laisse tomber, c’est que Debordo a les preuves », a écrit l’un d’eux.

En attendant la suite de la procédure, pour l’heure, l’artiste reste en détention en vue de déterminer la nature exacte et la gravité des poursuites engagées à son encontre.

Tristan Eugène SAHI

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