Société

Côte d’Ivoire, 4 481 cas de grossesses en cours de scolarité recensées entre septembre 2024 et juin 2025

Mis à jour le 26 juin 2025
Publié le 26/06/2025 à 5:27 , ,

Entre septembre 2024 et juin 2025, la Côte d’Ivoire a enregistré 4 481 cas de grossesses en cours de scolarité. Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a publié l’information dans son rapport ce jeudi 26 juin 2025. Une hausse de 8,31 % par rapport à l’année scolaire précédente, qui comptait 4 137 cas.

Des régions en première ligne

Les zones les plus touchées sont sensiblement les mêmes.

En tête, la Nawa, dans le sud-ouest du pays avec 424 cas. Cette région est suivie du Tonkpi, dans l’ouest (408 cas).

La Marahoué au centre-ouest suit avec 267 cas et du Hambol dans le centre nord (258 cas).

D’autres localités comme le Tchologo (230) dans le nord, le Cavally (213) à l’ouest, la Mé, le sud-est (198), Abidjan (197), sont aussi sur la liste.

Le Gboklè dans le sud-ouest (177), l’Agnéby-Tiassa dans le sud (167) et le Haut-Sassandra dans le sud-ouest (156) figurent également parmi les zones concernées.

Des chiffres, mais aussi des drames

Au-delà des statistiques, ce sont des parcours scolaires brisés. Le CNDH s’appuie sur plusieurs cas concrets pour illustrer les conséquences de ces grossesses sur la vie des jeunes filles.

À Somniassé, dans le Bounkani, D.A.M., élève de 3e, a accouché d’un petit garçon pendant les épreuves du BEPC. Elle n’a pas pu poursuivre la physique-chimie, ce qui a contribué à son échec.

À Aboisso, le 18 juin 2025, D.B.S., candidate au BAC, donne naissance à 6h du matin, puis compose à 8h. Elle s’évanouit en pleine épreuve.

À Abongoua, dans le Moronou, M.N.S. accouche le deuxième jour du BAC. Elle n’a pas été examinée dans certaines matières essentielles.

Un phénomène persistant

Cette situation n’est pas nouvelle.

Déjà en mai 2024, le CNDH révélait une hausse de 15,30 % des cas de grossesses en cours de scolarité entre septembre 2023 et mai 2024.

L’année précédente, les autorités avaient enregistré 3 588 cas.

Là encore, la Nawa figurait en tête, suivie du Tonkpi, du Poro, du Gontougo ou encore de l’Indénié-Djuablin.

Certaines histoires restent gravées 

À Hiré, une élève de 14 ans, en classe de CM2, est décédée après un avortement clandestin. L’auteur présumé de la grossesse était le directeur de son école.

À Duékoué, une autre jeune fille a accouché en pleine épreuve de physique-chimie. Même chose à Dabou.

Appels à la responsabilité collective

Pour le CNDH, les grossesses en cours de scolarité sont un obstacle majeur au droit à l’éducation.

Elles ont des conséquences sociales, économiques, physiques et psychologiques sur l’avenir des adolescentes.

A LIRE AUSSI : Lutte contre les grossesses à l’école, l’initiative “Voix essentielles” appuie le projet « Top fille ».

L’organe national invite de ce fait les parents d’élèves à s’impliquer davantage dans le suivi de leurs enfants.

Le CHDH appelle les autorités à renforcer leurs actions pour faire reculer le phénomène, et la société civile à intensifier la sensibilisation dans les établissements et au sein des familles.

Eirena Etté

 

7info.ci_logo

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter 7info

L’INFO, VU DE CÔTE D’IVOIRE