Côte d’Ivoire

Commando invisible – Philippe Mangou, « le président Gbagbo l’a accidentellement financé « , Gbagbo roulé dans la farine par Zakaria Koné

Mis à jour le 26 septembre 2018
Publié le 02/10/2017 à 12:22

La reprise du procès conjoint Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à la CPI pour crime contre l’humanité ce lundi 2 octobre, a tablé entre autres sur le commando invisible qui combattait dans la commune d’Abobo pendant la crise postélectorale de 2010. Pour son jour de témoignage, le général Philippe Mangou a révélé à la Cour, que l’ex-dirigeant ivoirien Laurent Gbagbo a financé accidentellement le commando invisible.

« Concernant Abobo, il y a eu des infiltrations. J’ai des renseignements. … Je sais ceux qui se sont infiltrés pour s’installer à Abobo et je vous dirai réellement ce qui s’est passé …je suis en mesure de vous dire que le président Laurent Gbagbo a financé accidentellement, je dis bien accidentellement le commando invisible. En effet le 7 décembre 2010, le dernier gouvernement de Laurent Gbagbo a été mis en place. 3 jours plus tard, c’est-à-dire le 10 décembre 2010, le président m’appelle. Il me dit de venir le voir à son bureau aux environs de 13 heures 30. Et quand j’arrive, je trouve le président débout devant sa table de travail avec à ses côtés, feu le ministre Tagro. Et le président de me dire ceci, textuellement,  »Tagro revient d’une mission du Togo, où il a rencontré dans sa chambre d’hôtel Koné Zakaria. Après avoir parlé avec lui, Koné Zakaria est d’accord moyennant 500 millions FCFA en vue de s’acheter des armes, des munitions et autres pour désorganiser le dispositif des forces républicaines de Côte d’Ivoire c’est-à-dire les ex-FAFN à l’Est de la Côte d’Ivoire » », révèle le général témoin.

Il ajoute que le président Gbagbo lui a par la suite demandé de lui indiquer un point à partir duquel Koné Zakaria allait commencer son action. Mais « Surpris par une telle demande, déclare Philippe Mangou,  »j’ai dit mais monsieur le président si vous avez cet argent, remettez-le nous. Vous savez que nous n’avons pas d’armes et de munitions. Mais pourquoi c’est l’est de la Côte d’Ivoire qu’il a décidé de commencer son action ? ». Et le ministre Tagro me dit,  »c’est par là qu’il a décidé de commencer son action ». Et j’ai dit au président,  »monsieur le président je m’excuse, mais je n’ai pas de carte sous mes yeux pour vous indiquer le point à partir duquel Koné Zakaria allait commencer son action » », relate l’ex-chef d’état-major des armées ivoiriennes.

Et de poursuivre, « Certainement agacé par des questions et par mes réponses, le président a dit à Tagro,  »bon s’il ne croit pas, donne lui le numéro de Koné Zakaria il va l’appeler lui-même pour voir ». Tagro me remet donc le numéro de Koné Zakaria, je descends les marches, je me retrouve sur le perron du palais, en attendant que mon chauffeur qui avait garé mon véhicule au parking de la présidence vienne me prendre. J’ai été rejoint par un monsieur d’une cinquantaine d’années qui après m’avoir salué m’a dit ceci :  »mon général, c’est moi qui est mis Koné Zakaria et le ministre Tagro en contact. Koné Zakaria est prêt à travailler avec IB. Et IB est d’accord. Mon général le temps presse ». 

Je monte dans mon véhicule. Arrivé à Yopougon, je remets le numéro à mon chef de sécurité dont je pourrai donner le nom à huis clos, et je lui dis, c’est le numéro de Koné Zakaria. Appelle-le pour voir si c’est bien lui. Mais il faut noter que mon élément connait très bien Koné Zakaria pour avoir fait la formation avec lui. Et quand il appelle et tombe sur son interlocuteur, il me dit « mon général c’est lui ». Je lui fais signe de lui dire que je veux lui parler. Il annonce «  ne quittez pas pour le chef d’état-major des armées ». Koné Zakaria et moi on a l’habitude de nous appeler « classe ». Donc quand je prends le téléphone et je dis allo, il me dit « classe bonjour ». Et je réponds « bonjour comment vas-tu ? » Il me dit « ça va. J’attends l’argent pour commencer le travail ». Ce qui veut dire que quand je suis parti de la présidence de la République, quelqu’un l’a appelé pour dire que le général allait t’appeler. Voici ce dont j’ai été témoin. Pour répondre à votre question. 

Mais je voulais dire qu’il y a eu effectivement collusion entre IB et Koné Zakaria pour l’opération au niveau d’Abobo », soutient Philippe Mangou.

L’ex-chef d’état-major des armées de Côte d’Ivoire révèle en outre que « A cours de logistique, Koné Zakaria va user de ruse et de perfidie pour faire croire au président Laurent Gbagbo et au ministre Tagro qu’il va mener une action qui leur serait favorable au nord-est. Mais au lieu de mener cette action, ils sont descendus tout simplement au sud-est pour mener l’opération au niveau d’Abobo. Cet argent remis, a servi donc, Me à l’infiltration des lieutenants de Koné Zakaria. Un certain Féré Konaté, vous allez sur youtube, il y a un film. Le commandant Féré Konaté de son nom Malinké Mêlêkê, l’ange qui retire la vie, un analphabète dont les propos sont traduits par son adjoint un certain Coulibaly Youssouf qui se vante d’avoir égorgé les éléments de forces de défense et de sécurité et qui revendique 600 éléments recrutés sur place », révèle Philippe Mangou.

Richard Yasseu

Source : rédaction Pôleafrique.info

 

7info.ci_logo

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter 7info

L’INFO, VU DE CÔTE D’IVOIRE