À Abidjan, une épidémie de choléra frappe le sous-quartier Akobrakré de Vridi dans la commune de Port-Bouët. Les services sanitaires dénombrent 45 cas recensés et 7 décès confirmés. Mais qu’est-ce que cette maladie et comment la contracte-on ? Voici six questions-réponses à savoir sur le choléra.
Choléra à Abidjan ! L’information est de la direction générale de l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP) qui l’a livrée le jeudi 5 juin 2025.
Selon cette structure, une épidémie de cette maladie frappe le sous-quartier Akobrakré de Vridi dans la commune de Port-Bouët.
Le premier bilan des autorités sanitaires ivoiriennes fait cas de 45 cas dont 7 décès confirmés.
Des mesures de riposte contre la propagation de la maladie sont mises en place. Des équipes d’intervention rapide ont été déployées sur le terrain à cet effet.
1 Mais qu’est-ce que le choléra et quelles en sont les causes ?
Selon l’Institut Pasteur, le choléra est causé par une bactérie de l’espèce Vibrio cholerae. C’est une infection diarrhéique aiguë.
2 Comment se transmet la bactérie ?
Le vibrion cholérique est une bactérie très mobile, aux exigences nutritionnelles modestes, dont l’homme est le réservoir.
La maladie résulte de l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés ou bien via les mains souillées.
Une fois dans l’intestin, les vibrions sécrètent notamment la toxine cholérique, principale responsable des pertes importantes d’eau et d’électrolytes qui peuvent atteindre 15 litres par jour.
L’homme joue à la fois le rôle de milieu de culture et de moyen de transport pour le vibrion cholérique.
Les selles diarrhéiques libérées en grande quantité sont responsables de la propagation des bacilles dans l’environnement et de la transmission féco-orale.
De plus, la période d’incubation et surtout le portage asymptomatique favorisent le transport des vibrions sur de plus ou moins longues distances.
Les principaux facteurs favorisants la transmission de l’infection sont le niveau socio-économique et les conditions de vies des populations.
Les fortes concentrations de population associées à une hygiène défectueuse jouent un rôle important dans l’apparition et le développement d’une épidémie de choléra.
3 Quels sont les symptômes ?
Dans environ 80 % des cas l’infection se présente comme une diarrhée banale. Entre 10 et 20 % des personnes infectées vont déclarer une maladie sévère.
L’incubation est de quelques heures à quelques jours.
La production de la toxine cholérique par la bactérie entraine de violentes diarrhées et des vomissements sans fièvre, avec des pertes massives d’eau et d’électrolytes entrainant une déshydratation majeure.
En l’absence de traitement, dans ses manifestations les plus sévères, le choléra est l’une des maladies infectieuses les plus rapidement mortelles.
La mort survient entre 1 à 3 jours, par collapsus cardio-vasculaire dans 25 à 50 % des cas.
La mortalité est plus élevée chez les enfants, les personnes âgées et chez les individus fragilisés.
4 Comment diagnostiquer l’infection ?
Le diagnostic du choléra se fait par une analyse de selles en laboratoire.
La bactérie sera isolée et caractérisée comme étant un vibrion cholérique en effectuant une culture puis une identification.
Elle peut également être détectée par une technique PCR dans un premier temps, suivi d’une culture pour obtenir la souche de V. cholerae.
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5 Quels sont les traitements ?
Le traitement du choléra consiste essentiellement à compenser les pertes digestives d’eau et d’électrolytes.
La réhydratation est assurée par voie orale ou par voie intraveineuse, selon le degré de déshydratation.
L’amélioration est perceptible au bout de quelques heures et la guérison, sans séquelle, est obtenue en quelques jours.
L’antibiothérapie est utile dans les cas graves, mais l’émergence de souches de vibrions cholériques multi-résistantes aux antibiotiques nécessite de tester la sensibilité aux antibiotiques sur un échantillon représentatif de souches isolées.
6 Comment prévenir l’infection ?
L’amélioration de l’accès à l’eau potable et les mesures d’hygiène générale sont essentielles dans la lutte contre le choléra, impliquant une véritable mobilisation sanitaire en cas d’épidémie, et un développement de l’éducation sanitaire dans les pays où le choléra sévit régulièrement.
Lors d’une épidémie de choléra, en parallèle des mesures décrites précédemment, une campagne de vaccination appelée vaccination réactive par des vaccins anticholériques oraux (VCO) est mise en place après attribution de vaccin par l’OMS en provenance du stock mondial de VCO constitué en 2013.
Il s’avère aujourd’hui nécessaire d’augmenter ce stock mondial de vaccins pour faire face à l’augmentation de la demande avec des restrictions d’approvisionnement qui devraient perdurer jusqu’en 2025.
Deux vaccins oraux sont actuellement préqualifiés par l’OMS :
L’un est Dukoral (non inclus dans le stock mondial), utilisé principalement pour les voyageurs.
Ce vaccin est constitué germes entiers tués de V. cholerae O1 associés à une sous-unité B recombinante de la toxine cholérique.
Il nécessite l’administration de 2 doses à 7 jours minimum et 6 semaines maximum d’intervalle, et confère une protection 1 semaine après l’administration de la seconde dose.
La protection obtenue est de 85 à 90% à 6 mois et 60% après 2 ans.
L’autre est Euvichol (inclus dans le stock mondial). Ce vaccin est constitué à partir de germes entiers tués de V. cholerae O1 et O139.
Il nécessite l’administration de 2 doses et confère 65% d’efficacité à 5 ans.
Cependant du fait des restrictions d’approvisionnement en vaccin, des schémas d’administration à 1 dose ont dû être utilisé ces dernières années pour la vaccination réactive, limitant la durée de protection dans le temps.
Richard Yasseu















