Football

CAF : L’histoire des trophées de la CAN, entre gloire, héritage et mystère

Mis à jour le 19 décembre 2025
Publié le 20/12/2025 à 8:00 , , , ,

Plus qu’une simple récompense, le trophée de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est un marqueur de temps, de puissance sportive et d’identité continentale.

Depuis la création de la compétition en 1957, trois trophées officiels ont successivement raconté l’évolution de la CAN, chacun lié à une époque, à des règles spécifiques… et parfois à des faits troublants.

Le Trophée Abdelaziz Abdallah Salem (1957–1978) : l’ère des pionniers

Le premier trophée de la CAN portait le nom d’Abdelaziz Abdallah Salem, ingénieur égyptien et tout premier président de la Confédération Africaine de Football (CAF). Introduit lors de la CAN 1957 au Soudan, il symbolisait l’élan des jeunes nations africaines qui voyaient dans le football un outil de reconnaissance internationale.

D’un design sobre et élancé, ce trophée ressemblait à un calice, loin des coupes imposantes modernes. À l’époque, une règle était en vigueur : toute sélection remportant la CAN à trois reprises conservait définitivement le trophée.

Le Ghana entra dans l’histoire en atteignant cet objectif grâce à ses sacres de 1963, 1965 et 1978. La finale de 1978 à Accra marqua donc la fin officielle de ce trophée… du moins en théorie.

Le vol du trophée Salem, un mystère jamais élucidé

Des années plus tard, le trophée Salem, conservé par la Fédération ghanéenne de football, fut déclaré volé. Malgré les recherches, il n’a jamais été retrouvé. Ce vol, l’un des plus célèbres du patrimoine sportif africain, demeure à ce jour une énigme. Le Ghana reste la première nation à avoir “gagné et gardé” un trophée de la CAN, mais sans pouvoir exposer l’original.

Le Trophée de l’Unité Africaine (1980–2000) : la CAN grandit

À partir de 1980, la CAF introduit un nouveau trophée baptisé Trophée de l’Unité Africaine. Plus massif et plus travaillé, il correspond à une CAN en pleine expansion : plus d’équipes, plus de retransmissions télévisées et une visibilité continentale accrue.

Cette période est dominée par des nations comme le Cameroun, l’Algérie, le Nigeria et l’Égypte, avec une montée en puissance remarquable des Lions Indomptables.

En remportant la CAN en 1984, 1988 et 2000, le Cameroun atteint à son tour la barre des trois sacres sous ce trophée. Conformément à la règle, il devient propriétaire définitif de la coupe après la CAN 2000 au Nigeria. Le Trophée de l’Unité Africaine entre alors dans le patrimoine camerounais.

Le trophée actuel (depuis 2002) : une identité mondiale

Après deux trophées définitivement attribués, la CAF décide de rompre avec la tradition. En 2002, lors de la CAN au Mali, un nouveau trophée moderne est présenté. Conçu par une firme italienne, il se distingue par son globe doré, ses feuilles de laurier et son design contemporain, pensé pour l’ère de la haute définition et du marketing sportif mondial.

Changement majeur de règle

Depuis 2002, le trophée original reste la propriété exclusive de la CAF. Le pays vainqueur le soulève, le conserve jusqu’à la prochaine édition, puis le restitue. En échange, la fédération reçoit une réplique officielle gravée, tandis que les joueurs repartent avec leurs médailles.

Cette décision vise à : préserver le patrimoine, éviter les pertes ou vols, renforcer l’identité visuelle continue de la CAN.

L’Égypte et le triplé historique sans propriété

L’Égypte marque l’histoire en remportant trois CAN consécutives (2006, 2008, 2010). Sous l’ancienne règle, elle aurait conservé définitivement le trophée. Mais avec la nouvelle réglementation, les Pharaons reçoivent uniquement une réplique officielle, tandis que l’original retourne au siège de la CAF.

Un trophée sous haute sécurité

Les incidents du passé, notamment le vol du trophée Salem, ont profondément marqué la CAF. Aujourd’hui, le trophée de la CAN est transporté et conservé comme un objet de haute valeur : dispositifs de sécurité renforcés, responsables dédiés, protocoles stricts et assurances spécifiques.

Un symbole au-delà du football

Au soir d’un sacre, le trophée devient un outil de soft power. Il fédère les peuples, déclenche des célébrations nationales, inspire documentaires et manuels scolaires, et projette l’image du pays vainqueur bien au-delà du terrain.

En résumé

1957–1978 : Trophée Salem, conservé par le Ghana puis volé

1980–2000 : Trophée de l’Unité Africaine, gardé par le Cameroun

Depuis 2002 : trophée actuel, propriété permanente de la CAF

À travers ses trophées, la CAN raconte l’histoire du football africain : de la conquête de la reconnaissance à la protection de son héritage. Et au cœur de cette saga, le vol du premier trophée demeure l’un des plus grands mystères du sport africain.

Tristan Eugène SAHI

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