Économie

Cacao : blocage de la commercialisation, le directeur général du conseil du café-cacao explique

Mis à jour le 14 janvier 2026
Publié le 14/01/2026 à 1:39 , , ,

Koné Brahima Yves, le directeur général du Conseil du Café-Cacao (CCC) était face à la presse ce mercredi 14 janvier 2026 à Abidjan. Il s’agissait pour lui d’apporter des clarifications sur la situation des camions de cacao immobilisés dans les ports d’Abidjan et de San Pedro. 

 

Face aux inquiétudes croissantes des producteurs et des acteurs de la filière, il se montre rassurant.

« Tous le cacao qui sortent de nos plantations sera acheté », dit-il.

Des camions « dans l’illégalité », selon le CCC

Selon le premier responsable du CCC, les camions actuellement bloqués dans les zones portuaires ne respectent pas les procédures en vigueur.

« Les camions de cacao bloqués au port sont dans l’illégalité », affirme-t-il, pointant du doigt des manquements administratifs et une mauvaise interprétation des règles de commercialisation.

Il a également dénoncé une mauvaise communication entretenue par certains acteurs de la filière, qu’il juge responsable de la volatilité récente des prix sur le marché international.

« À cause de la mauvaise communication entreprise par certains acteurs, le prix du cacao est passé de 4 000 à 3 000 FCFA au niveau international », déplore-t-il.

Reprise progressive des déchargements dans les ports

Pour dissiper toute crainte de paralysie durable, le directeur général du CCC annonce une reprise effective des opérations de déchargement.

« Trois cents camions ont été déchargés hier et cela va continuer », dit-il.

Il précise que 305 camions ont rejoint les ports d’Abidjan et de San Pedro aujourd’hui et seront effectivement déchargés.

Ces chiffres visent à démontrer que la situation est en voie de normalisation, contrairement aux rumeurs faisant état d’un blocage total de la filière.

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Une crise de commercialisation dénoncée par les syndicats agricoles

Malgré ces assurances, des organisations de producteurs continuent d’alerter sur les difficultés rencontrées sur le terrain.

Selon l’Anaproci et le Synapci, deux syndicats agricoles, le problème majeur réside dans la non-délivrance du connaissement par le Conseil du Café-Cacao.

Lequel document administratif est indispensable pour l’exportation du cacao.

Cette situation aurait entraîné l’immobilisation de nombreux camions aux abords des ports, comme l’a rapporté un média étranger.

Toute chose qui provoque des retards de paiement et l’engorgement des stocks dans les coopératives.

Des producteurs en difficulté

Pour la campagne principale de commercialisation 2025-2026, le prix bord champ du cacao a atteint un niveau historique de 2 800 FCFA le kilogramme.

Mais la récente baisse du marché mondial et les difficultés d’écoulement des fèves ont fragilisé les producteurs.

« Les producteurs les plus désespérés bradent leurs fèves à 2 000 FCFA le kilo, mais il n’y a même plus d’achat bord champ », déplore Koffi Kanga, président de l’Anaproci.

Dans plusieurs zones de production, des sacs de cacao s’entassent dans les coopératives, faute de débouchés immédiats.

Le Conseil appelle au calme et à la confiance

Face à ces tensions, le directeur général du Conseil du Café-Cacao appelle l’ensemble des acteurs à la retenue et à la confiance dans les mécanismes de régulation de la filière.

Il insiste sur la volonté de l’institution de garantir l’achat de toute la production nationale, dans le respect des règles établies.

Tristan Sahi

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