Burkina Faso : 60 ans d’indépendance, 8 présidents aux destins singuliers

Mis à jour le 11 décembre 2020
Publié le 11/12/2020 à 4:51 , , , ,

Les 60 ans d’indépendance du Burkina Faso ont été marqués par de nombreux présidents qui se sont succédés à la tête du pays.

La Haute Volta, actuelle Burkina Faso sous la houlette de Maurice Yaméogo accède à l’indépendance le 11 décembre 1960. Les premières années de l’indépendance, le premier président du Burkina Faso indépendant mise sur la formation. Des jeunes voltaïques sont envoyés en Europe, en Amérique pour y étudier. Son pays pourtant était classé à l’époque parmi les plus pauvres de la planète. Le Rassemblement démocratique la formation politique qui le porte, est érigé en parti unique. Il s’ensuit une spirale autoritaire, voire autocratique. Il fera de la Haute Volta sa « natte » qu’il peut « plier ou déplier » comme bon lui semble selon ses propres termes.

Fin 1965, il met sur pied un plan d’austérité qui suscite la colère des opposants. Ceux-ci mettent dans la rue des milliers de contestataires. L’armée avec à sa tête le Lieutenant-colonel Sangoulé Lamizana saisit l’opportunité pour s’emparer du pouvoir. Maurice Yaméogo, après sa chute se retirera de la gestion des affaires du pays jusqu’à sa mort le 15 septembre 1993 à Ouagadougou.

Une fois à la tête du pays, ce vétéran des guerres d’Indochine et d’Algérie va instaurer une transition militaire de 4 ans, et abroger la constitution de la 1ère République. Promu général le 22 avril 1967, progressivement, l’ancien élève de l’école des officiers africains du Sénégal va mettre sur pied un régime autoritaire. Les terribles sécheresses des années 1970, plongeront le pays dans une situation d’insécurité alimentaire. Il fera face de plus en à des mouvements de protestation dirigés par des enseignants. La situation politique étant de plus en plus intenable, au matin du 25 novembre 1980, il se fera déposer par son ancien ministre des affaires étrangères, le colonel Saye Zerbo.

A son tour, le colonel Saye Zerbo va suspendre toutes les activités politiques. Deux ans plus tard, le 7 novembre 1982, les hommes du médecin commandant Jean-Baptiste Ouédraogo vont mettre fin au règne de Sayé Zerbo.

Le Commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, très vite va se brouiller avec un groupe de jeunes officiers. Ces jeunes officiers ont pour chef un certain capitaine Thomas Sankara. Pour neutraliser ce dernier, le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo va le faire mettre en prison. Mais, Thomas Sankara sera libéré par un commando. Dans la nuit 4 août 1983, Jean-Baptiste Ouédraogo est arrêté puis conduit à Pô en compagnie d’autres personnalités dont l’ancien président Maurice Yaméogo, le Premier ministre Gérard Kango.

Thomas Sankara où le président qui a marqué les esprits  

Celui qui aura marqué le plus les esprits du peuple burkinabé et surtout la jeunesse africaine, est incontestablement le capitaine Thomas Sankara. Le père de la Révolution burkinabé, une fois aux affaires, il va entreprendre des réformes à tous les niveaux. Il rebaptise le pays Burkina Faso qui signifie, pays des Hommes intègres. Il impose des mesures drastiques aux officiels, obligés désormais de voyager en classe économique, annule les privilèges des hauts fonctionnaires, redistribue les terres aux paysans pauvres. Des campagnes de vaccination de masse auront pour effet de faire disparaître certaines maladies. Tribune hors pair, il harangue les foules tant au Burkina-Faso que dans les sommets internationaux. Ce qui lui valut d’être adulé par la jeunesse africaine et bien au-delà qui voyait en lui l’espoir de tout un continent face au néocolonialisme.

Dans l’après-midi du jeudi 15 octobre 1987, alors qu’il est en réunion avec des collaborateurs, un commando dirigé par le lieutenant Gilbert Diendéré attaque le Conseil de l’entente. Le père de la Révolution burkinabé sera criblé de balles. Quelques heures après, son ami et « frère », le capitaine Blaise Compaoré s’autoproclame président du Burkina-Faso et procède à une « rectification » de la révolution burkinabé entamée 4 ans plutôt par son ancien « ami ». Il renoue avec l’Elysée dont les relations avec l’ancien régime étaient exécrables.

Durant 28 ans, Blaise Compaoré va diriger le Burkina-Faso. Si ses détracteurs lui imputent une gestion de main de fer, sous Blaise Compaoré, le pays connaîtra une transformation spectaculaire avec la sortie sous terre de joyaux architecturaux dont les quartiers résidentiels Ouaga 2000, les salaires des fonctionnaires, les conditions de vie des burkinabés connaîtront une amélioration. En automne 2015, suite à sa volonté de modifier la Constitution afin de briguer un 3ème mandat, il est évincé du pouvoir par une insurrection populaire. Réfugié en Côte d’Ivoire, le pays de son épouse Chantale, il suit de loin la politique de son Burkina natal.

Après la chute de Blaise Compaoré, le diplomate Michel Kafando sera chargé de conduire le pays vers des élections démocratiques. Une mission qu’il mènera à bien à l’issue de laquelle Marc Roch Kaboré sera élu. Premier président élu démocratiquement, sans être passé par un coup d’Etat militaire, Marc Kaboré vient d’être réélu depuis novembre 2020. Le défi auquel cet ancien ministre des Finances est confronté, c’est la crise sécuritaire entretenue par des bandes de djihadistes qui sévissent généralement au nord et à l’est du pays.

Arnaud Houssou

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