Exilé aux États-Unis depuis le 16 juin 2025, Gervais Boga Sako, enseignant au département de Lettres modernes de l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké, sort de son silence. Il réagit au courrier de son administration l’enjoignant de reprendre service sous peine de révocation pour abandon de poste.
Dans une note administrative, le président de l’UAO reproche à l’enseignant, de grade Assistant, son absence durant l’année académique 2024-2025, ainsi qu’en ce début d’année universitaire.
Il lui est demandé de reprendre ses activités au plus tard le mardi 13 janvier 2026, faute de quoi une procédure de radiation serait engagée.
Un statut de réfugié politique revendiqué
Contacté par 7info, Gervais Boga Sako affirme se trouver aux États-Unis avec un statut de réfugié.
Il explique son exil par l’exercice de ses libertés fondamentales : liberté d’opinion, de pensée et d’expression.
Il déplore que l’université, qu’il considère comme « le temple du savoir », soit impliquée dans des ‘’considérations politiques’’.
« Je suis un fonctionnaire de l’État de Côte d’Ivoire, formé par mon pays, fier de servir mon pays, mais je ne sers aucun individu », affirme-t-il.
Un parcours universitaire marqué par l’exil
Recruté comme Assistant le 3 janvier 2005, Gervais Boga Sako rappelle avoir enseigné à l’Université de Bouaké bien avant son recrutement officiel.
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Radié entre juin 2011 et novembre 2021 pour cause d’exil politique, il dit avoir été réintégré sans condition en 2021.
Ses derniers cours à l’UAO remontent à mai 2025, avec les étudiants de Licence 3 en Lettres modernes, sur la matière Droits de l’Homme.
Gel de salaire et de comptes bancaires
Selon l’enseignant, dès son arrivée à Washington DC le 16 juin 2025 et après la publication d’une déclaration annonçant sa présence aux États-Unis, un juge d’instruction aurait pris deux ordonnances :
– l’une suspendant sa solde au Trésor public,
– l’autre gelant l’ensemble de ses comptes bancaires.
Des mesures qu’il juge « juridiquement et moralement contestables », estimant qu’elles confirment, selon lui, une volonté de préparer une nouvelle radiation.
Un discours politique assumé
Gervais Boga Sako estime être poursuivi pour ses opinions et dit rester serein, convaincu que « tout cela passera ».
Tristan Sahi















