À partir de 2028 la Coupe d’Afrique des Nation (CAN) ne se jouera plus chaque deux ans, mais tous les quatre ans. Dans cette interview, l’ex-international ivoirien Babou Éric apprécie cette décision de la CAF.
Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF) a annoncé le samedi 20 décembre 2025 que la CAN se jouera désormais chaque 4 ans. Quel commentaire faites-vous de cette décision ?
Je pense que passer la CAN tous les quatre ans est un tournant nécessaire pour faire entrer le football africain dans une nouvelle ère.
Comment ça ?
Je le dis parce qu’à l’heure où le football mondial évolue à cette grande vitesse, maintenir la CAN tous les deux ans apparaît de plus en plus comme un frein plutôt qu’un levier.
Passer à une canne tous les quatre ans n’est pas un renoncement à l’idée africaine. Non. Pour moi, Ce n’est pas là le sujet.
Pour vous donc cette décision est bénéfique pour les sélections nationales ?
À mon avis, c’est une décision très stratégique. Pourquoi ? D’abord pour des raisons sportives, parce que pour moi, une compétition majeure tire sa valeur de sa rareté.
Passer la CAN à un cycle quadriennal, pour moi, permettrait une meilleure préparation des sélections.
Le travail sera un peu plus long avec une stabilité tactique, il y aura vraiment une évolution globale au niveau du jeu. Franchement, je pense que ça va permettre une évolution globale au niveau du jeu.
Pensez-vous que le niveau de jeu des sélections africaines n’est pas à la hauteur ?
Je pense qu’aujourd’hui, avec de nombreuses équipes qui arrivent à la CAN, sans véritable automatisme, faute de temps et d’opportunités, on voit des joueurs qui arrivent et qui ne sont pas véritablement préparés, qui sont en manque de jeu.
Je pense que sur quatre ans, les entraîneurs nationaux auront le temps de vraiment préparer les équipes.
Franchement, je le pense. Ça permettra véritablement de bâtir des équipes nationales plus fortes.
J’ai l’impression que pour l’instant il y a un peu trop de bricolage. Et puis, il faut considérer que ce sera aussi une occasion de protéger l’actif.
Le plus précieux du football, je l’ai dit tantôt, ce sont nos internationaux. Là, avec la multiplicité des matchs aujourd’hui, je pense qu’ils sont dans une situation difficile, parce que les clubs qui les emploient, les utilisent au maximum.
Ce sont ceux-là qui les permettent de vivre et de nourrir leurs familles. Ils ont énormément de compétitions, surtout quand ils jouent dans des grands clubs.
Intercalés donc la CAN de deux ans les met dans une situation un peu plus délicate. Et ça les met même en difficulté avec leurs employeurs.
Je pense sincèrement que chaque 4 ans permettrait de rééquilibrer un peu les choses. Et puis les relations avec leurs employeurs seront un peu plus saines.
Ça veut dire qu’on aura moins de difficultés avec les joueurs et leurs employeurs.
Et sur le plan international ?
Sur le plan international, c’est une évidence. Cela permettra aux pays de préparer véritablement les CAN.
Là, vous voyez qu’il y a des reports, il y a des terrains inachevés, il y a tellement de problèmes avec les infrastructures.
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Je pense que chaque quatre ans permettra largement à chaque pays de se préparer, de mieux organiser les choses. Pour l’instant On bricole un peu.
On a le temps de bien organiser les choses. Ça nous donnerait véritablement le temps de bien organiser les choses.
La décision de la CAF d’organiser la CAN tous les quatre ans pourrait avoir un impact sur les championnats locaux.
Le football ne s’arrêtera pas en Afrique. Ça permettra plutôt, pendant ces quatre ans, aux fédérations d’avoir des moyens de s’occuper du championnat local. De s’occuper des différentes compétitions féminines.
Croyez-vous-en cela ?
La CAF l’a dit, il y aura une nouvelle compétition selon leur décompte. Ça va permettre d’occuper l’espace.
Ce n’est pas dit que chaque quatre ans, il n’y aura rien et qu’on va s’ennuyer. Ce ne sera pas le cas.
À mon avis, pour la compétition phare qui est la CAN, la CAF a besoin d’être mieux préparée, mieux organisée pour permettre aux équipes de mieux se préparer.
Chaque quatre ans, ce n’est pas mauvais.
Au lieu de quatre ans, la CAF ne pouvait-elle pas réduire le temps d’organisation de la CAN.
J’aurais souhaité chaque trois ans qu’on réduise un peu. Mais bon, chaque quatre ans est bon. En outre les fédérations vont aussi avoir le temps de mieux s’occuper des différents championnats.
Parce que quand on regarde aujourd’hui nos championnats, on se rend compte qu’ils sont délaissés.
Ils le sont au profit de l’équipe nationale. Et je pense que chaque quatre ans, ça va donner une certaine crédibilité aussi à nos championnats locaux.
Ce sera aussi pour les joueurs locaux d’émerger, je pense.
Réalisée par Arnaud Houssou














