Le gouvernement ivoirien veut mettre de l’ordre dans le secteur en pleine expansion des véhicules de transport avec chauffeur (VTC). Face aux préoccupations liées aux tarifs jugés parfois opaques, aux revenus fluctuants des conducteurs et aux tensions avec les taxis traditionnels, le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a engagé le 13 mars 2026 une série de consultations avec les acteurs du secteur.
La première rencontre a réuni les responsables de la plateforme Yango, l’un des principaux opérateurs de VTC en Côte d’Ivoire. À l’issue des échanges, le ministère a dévoilé six mesures majeures qui pourraient transformer le fonctionnement du secteur.
Un plafonnement des commissions des plateformes
Parmi les premières réformes envisagées figure le plafonnement des commissions prélevées par les plateformes sur chaque course. Aujourd’hui, ces entreprises prélèvent un pourcentage sur les revenus des chauffeurs, un niveau parfois jugé trop élevé par ces derniers.
L’objectif du gouvernement est de limiter ces prélèvements afin d’améliorer la rémunération des conducteurs.
L’instauration d’un tarif minimum
Autre changement important : la mise en place d’un tarif plancher. Cette mesure vise à garantir un revenu minimum aux chauffeurs, quel que soit le niveau de demande.
Elle devrait permettre d’éviter une concurrence excessive sur les prix qui pourrait fragiliser les conducteurs.
Un encadrement de la tarification dynamique
Le ministère souhaite également encadrer le système de “surge pricing”, cette tarification dynamique appliquée par les plateformes lors des périodes de forte demande.
Si ce mécanisme permet d’équilibrer l’offre et la demande, il entraîne parfois une forte hausse des prix, suscitant des critiques de la part des usagers.
Plus de transparence sur les algorithmes
Les plateformes de VTC utilisent des algorithmes pour fixer les prix et attribuer les courses. Le gouvernement veut désormais mieux comprendre ces mécanismes afin de garantir leur équité et leur conformité avec la réglementation ivoirienne.
Des tarifs ajustés lors d’événements exceptionnels
Le ministère réfléchit aussi à un système d’indexation automatique des prix lors d’événements particuliers, comme de fortes pluies ou de grands rassemblements.
Cette mesure permettrait d’ajuster les tarifs sans laisser les plateformes décider seules des majorations.
Un comparateur de prix pour les usagers
Enfin, les autorités envisagent la création d’un comparateur de prix des VTC. Cet outil permettrait aux clients de comparer en temps réel les tarifs proposés par les différentes plateformes avant de choisir leur course.
Une innovation qui pourrait renforcer la transparence et stimuler la concurrence.
Un comité technique pour finaliser la réforme
Pour transformer ces propositions en mesures concrètes, un comité technique de haut niveau sera mis en place dès le début du mois d’avril.
Il réunira les représentants du ministère des Transports, les plateformes de VTC, les organisations de chauffeurs et les associations de consommateurs.
Ce comité disposera de trois mois pour élaborer un nouveau cadre réglementaire, qui sera ensuite soumis au gouvernement.
Un secteur en pleine expansion
Le développement des VTC en Côte d’Ivoire s’explique notamment par la croissance rapide du Grand Abidjan, les difficultés de mobilité et la popularité des applications de transport.
Plusieurs plateformes internationales et locales se disputent aujourd’hui ce marché en forte croissance.
Toutefois, cette expansion s’accompagne de défis : conditions de travail des chauffeurs, concurrence avec les taxis traditionnels et régulation des prix.
Avec cette réforme, le gouvernement entend trouver un équilibre entre innovation, protection des usagers et amélioration des conditions de travail des conducteurs, tout en poursuivant la modernisation du secteur des transports en Côte d’Ivoire.
Tristan Eugène SAHI















