Défense

Voici ce qui a pu conduire aux attaques des positions de l’armée ivoirienne

Mis à jour le 12 juin 2020
Publié le 12/06/2020 à 10:39 , , , , , , , ,




Les attaques de Kafolo et Gbèya surviennent après une accalmie au Mali où le chef d’AQMI, Abdelmalek Droukdel, a été neutralisé par les forces françaises de l’opération Barkhane avec l’appui du renseignement américain le 3 juin dernier et au Burkina Faso, où les attaques contre les civils et forces de sécurité se sont estompées ces derniers jours.

Le 13 mai dernier, dans le cadre d’une opération conjointe des armées ivoirienne et burkinabè, à Kafolo, une base terroriste a été démantelée.

L’opération Comoé, lancée conjointement par les forces armées Ivoiriennes et Burkinabè contre les terroristes, le 13 mai dernier a permis en deux semaines de traque et d’affrontements, le démantèlement des bases de terroristes qui commençaient à s’installer sur le territoire ivoirien.

 <<Cette opération conjointe, nous aura permis de lever des doutes. Et au regard des résultats obtenus nous pensons que cette zone pourra être stabilisée de façon durable. C’était une manière de nous coordonner avec nos frères des forces armées du Burkina Faso pour sécuriser cette zone>>, a indiqué le Général de Corps d’Armée,  Lassina Doumbia, chef d’état-major général des forces armées de Côte d’Ivoire.

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<<Si on n’avait pas créé cette opération, il fallait mener à tout prix cette opération. Parce que le simple fait qu’on se soit réuni pour mener cette opération, cela a eu des résultats tangibles. Vous voyez, quand vous menez ces opérations seule, comme, les terroristes n’ont pas de frontières, ils traversent. Et vous ne pouvez plus avancer pour les poursuivre à cause de la frontière. Mais, ici, les deux armées se sont rassemblées. On a essayé de monter l’opération et vous voyez qu’il n’y a plus de possibilité de s’échapper. Et c’est ce qui nous aura permis d’avoir des résultats tangibles>>, se réjouit le Gal de Brigade Moïse Miningou chef d’état-major des forces armées du Burkina Faso.

Une célébration qui aura été de courte durée pour l’armée ivoirienne dont une dizaine d’éléments est tombée au front, surpris par le feu ennemi. Les blessés de l’attaque de Kafolo sont arrivés dans l’après-midi de jeudi 11 juin en présence du ministre d’Etat, ministre de la Défense, Hamed Bakayoko.

Mais, comment cette attaque a-t-elle pu prospérer au point qu’une dizaine d’éléments perdent la vie ?

Selon une source contactée par 7info, « les armées auraient dû poursuivre le ratissage de toute la zone forestière du parc. Ces bandits ne positionnent pas leur armement sur un seul site et même les assaillants saisis ne peuvent pas apporter grand-chose car n’étant pas les cerveaux. Ils sont de simples exécutants à qui on ne dit pas tout et surtout l’essentiel » soutient notre source.

Y-a-t-il eu relâchement de la vigilance, après cette belle opération Comoé ? Tout porte à le croire. Notre source fait savoir que des renforts étaient partis de Bouaké, de la gendarmerie et des FACI du 4è bataillon d’infanterie de Korhogo, a appris 7info. « Les éléments ont le moral en berne, ils veulent avoir des nouvelles de leurs frères d’arme partis en renfort » fait savoir une autre source de 7info.

C’est dans ce questionnement sans réponse pour l’heure que survient cette nouvelle attaque de Gbèya, une localité située à moins de 10 Km de la frontière malienne, en territoire ivoirien.

Cette dernière attaque soulève la question de la présence ou non sur le territoire ivoirien de cellules dormantes. Les fins analystes des services de renseignement militaire, de police et de gendarmerie vont passer au peigne fin les éléments entre Gbèya et Kafolo pour affiner l’analyse et en sortir un fil conducteur de recherche de renseignements.

Pour l’heure, les relèves aux différentes lignes frontalières des FACI se préparent avec plus de hargne chez les soldats, plus que conscients que des individus qui ne veulent pas du bien à la Côte d’Ivoire, rôdent.

Adam’s Régis SOUAGA

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