Société

Usage du gaz butane dans les transports, ce que dit la loi

Mis à jour le 28 avril 2021
Publié le 27/04/2021 à 10:20 , ,

C’est une pratique qui n’est pas sans conséquence. Et dans le quotidien des Ivoiriens, des victimes de l’utilisation du gaz butane comme carburant, se multiplient. Mais que dit la loi sur la question ? 7Info a fait quelques recherches.

Incendie, explosion… la liste des drames causés par l’utilisation du gaz butane comme carburant est longue. Les victimes aussi se multiplient. Les dernières en date sont au nombre de trois morts calcinés et un blessé évacué d’urgence au Centre des Grands Brulés du Centre Hospitalier et universitaire (CHU) de Cocody. C’est le triste bilan de l’accident qui s’est produit, le vendredi 23 avril 2021, à Locodjoro, à Yopougon. Un taxi communal ravitaillé au gaz butane avait pris feu en pleine circulation. En Côte d’Ivoire, la pratique s’affiche de plus en plus comme « une activité normale ».

La baisse du coût du butane comme élément déclencheur

Le gouvernement a décidé, en 2012, de subventionner et uniformiser le prix du butane sur toute l’étendue du territoire national. Cette mesure a entraîné la baisse des prix du gaz à l’intérieur du pays offrant la possibilité aux populations de ces localités de bénéficier des mêmes prix que ceux d’Abidjan.

Grâce à cette action, la consommation de gaz butane par les populations ivoiriennes a doublé entre 2012 et 2019, passant de 154 000 tonnes en 2012 à 380 000 tonnes en 2019.

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Un phénomène récurrent chez les ‘’Wôrô wôrô’’

Les raisons évoquées par les chauffeurs de taxi banalisés communément appelés ‘’wôrô wôrô’’ sont diverses. Pour eux, la faible densité des clients dans leurs zones d’activité et la flambée du prix de l’essence sont à l’origine de cette pratique. « Tous les moyens sont bons pour faire sa recette. Nous sommes conscients du danger qui nous guette chaque jour ici. C’est pourquoi nous prenons toutes les précautions pour minimiser les risques d’accidents mortels », a fait savoir un responsable de la gare routière d’Aboisso, joint au téléphone par 7info.

Cette pratique qui prospère dans le sud-est du pays n’est pas sans conséquence. L’on note des incidences graves sur l’économie, sur les conditions de vie des populations et sur leur santé en raison des risques d’incendie et d’explosivité de ce combustible « hautement inflammable ».

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Ce qu’en dit la loi

L’usage du gaz butane dans les transports constitue un véritable danger public. Un secteur marqué par de nombreuses pratiques peu recommandées qui violent la législation en vigueur en faisant peser d’importants risques sur l’environnement et la santé des populations.

Pour protéger ses concitoyens, l’État ivoirien a mis en place des règles. Ainsi, la loi n° 92- 469 du 30 juillet 1992, portant répression des fraudes en matière de produits pétroliers en ses articles 3 et 4 condamne l’utilisation du gaz butane à des fins de carburant par les véhicules d’une peine d’emprisonnement de quinze jours à un an et/ou d’une amende de 100 000 à 500 000 FCFA.

Sur la base de cette loi, le doute est levé : remplacer le carburant conventionnel par le gaz butane destiné au grand public est formellement interdit en Côte d’Ivoire.

 

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